11.02.09 | 18h22

Le fils d’une gérante de supermarché du Vaucluse, condamnée à douze ans de réclusion pour le meurtre de son mari, a soutenu mercredi devant la cour d’assises d’appel de Lyon avoir accusé sa mère pour « sauver sa peau » en garde à vue, avant de la disculper.

Ce témoin clef de la soirée du meurtre, survenu dans la nuit du 16 au 17 juillet 2000, a évoqué sa garde à vue de novembre 2000, alors qu’il venait d’avoir 18 ans, comme « une expérience traumatisante ».

« J’avais le sentiment bizarre d’avoir sauvé ma peau en donnant celle de ma mère », a ajouté à la barre Yohann Boguslaw, né d’un premier mariage d’Edwige Alessandri, pour expliquer son revirement après sa sortie de garde à vue.

Il a de nouveau soutenu la version de sa mère, selon laquelle son mari, Richard Alessandri, a été tué d’une décharge de chevrotine par des inconnus dans leur maison de Pernes-les-Fontaines (Vaucluse), alors que le couple et les deux enfants dormaient.

Yohann, accouru de sa chambre après le coup de feu, n’a cependant pas vu les cambrioleurs. Il dit se souvenir seulement de « l’odeur de poudre » et de sa mère, « prostrée », nue, dans la salle de bains, répétant « ils ont tué Richard ».

Poussé dans ses retranchements par le président de la cour, Yohann récuse la « mise en scène » du lieu du drame, qu’il avait avoué avoir faite avec sa mère et son jeune frère, Brice, alors âgé de 11 ans, lors de sa garde à vue.

« Je ne sais plus à quel moment j’ai mis en cause ma mère », a-t-il expliqué, revenant sur une garde à vue où, privé de repères temporels et de repos selon lui, il en était venu à avouer l’ouverture de la fenêtre de la cuisine pour faire croire à une intrusion et la dissimulation de l’arme du crime.

Les enquêteurs « m’ont donné des faits scientifiques, ils m’ont dit +on sait qu’il n’y a pas eu d’intrusion, c’est un de vous trois+ », a-t-il ajouté, insistant à la barre sur ses bonnes relations avec son beau-père et l’absence de dispute le soir du drame.

A partir de là, « j’ai construit sur ce qu’ils me disaient, jusqu’à ce que ça leur convienne », a-t-il dit

Les expertises excluent une intrusion par la dite fenêtre et évoquent une modification de la scène du meurtre.

« A un moment je me suis dit +t’es devenu fou+. Je me suis dit que mon esprit avait occulté les véritables éléments de la soirée. Je me suis accusé. Ils m’ont dit: +on sait que c’est pas toi+ », s’est-il expliqué, sous le regard de sa mère, au carré blond platine impeccable, sur le banc des accusés.

Les enquêteurs ont évoqué de possibles pressions familiales pour que Yohann se rétracte.

La fin du procès est prévue jeudi 19 ou vendredi 20 février.

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