AFP

06 mars 2010

Les jurés de la cour d’assises du Pas-de-Calais vont essayer durant deux jours de comprendre pourquoi un cadre de la Poste de 53 ans a décapité, en avril 2007, sa femme dont il voulait avoir un enfant.

Incarcéré depuis le 18 avril 2007 à la maison d’arrêt d’Arras, Philippe Cousin, qui n’avait jamais été inquiété par la justice, encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour homicide volontaire par conjoint.

Le lundi 16 avril, à 07H25, quelques dizaines de minutes après le drame, Philippe Cousin, alors âgé de 50 ans, appelle lui-même le commissariat de police d’Arras pour se dénoncer en tant qu’auteur du meurtre de Nicole, 47 ans.

Le meurtrier présumé, décrit comme très calme lors de son arrestation, a d’abord, lors de sa garde à vue, expliqué son geste par une dispute verbale d’ordre domestique avec son épouse, puis le refus de cette dernière d’avoir un enfant, selon les enquêteurs.

Nicole aurait toujours refusé, selon son mari, toute relation sexuelle susceptible de lui donner un enfant, car elle craignait de lui transmettre la maladie de son père, décédé de la sclérose en plaques. L’autopsie du corps de la victime a confirmé qu’elle était vierge.

Si devant le juge d’instruction, Philippe Cousin, décrit par ses proches comme quelqu’un de gentil, de calme et d’attentionné, a précisé regretter ce geste « abominable » commis à l’encontre de son épouse, il n’a jamais été en mesure d’expliquer clairement la violence de son geste.

La « conjonction » de ses 50 ans, deux semaines avant les faits, et de « cette absence de paternité » ont causé chez Philippe Cousin un « syndrome de la cocotte-minute », pense son avocat Me Didier Robiquet, qui indique que son client a suivi une « longue psychothérapie » en maison d’arrêt.

Il espère que ce procès permettra à son client de s’expliquer.

A propos des relations qu’il entretenait avec sa femme épousée 21 ans plus tôt, Philippe Cousin évoque les « reproches » réguliers que celle-ci lui adressait, notamment quelques semaines avant le drame, lorsqu’elle aurait menacé de le quitter.

Les experts psychologues décrivent une relation de couple dominant-dominé qui a pu engendrer une frustration et une agressivité réprimée pendant plusieurs années.

Selon les experts psychiatres qui l’ont examiné, Philippe Cousin n’était cependant pas atteint de trouble psychique ou neuro-psychique ayant pu abolir ou altérer le contrôle de ses actes.

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