Chaouch repasse devant les jugesCondamné à vingt ans pour avoir empoisonné six personnes, Hocine Chaouch passe à nouveau devant les assises du Nord. Cette fois, il est accusé d’avoir sauvagement agressé une dame âgée à Roubaix.



DIDIER SPECQ > didier.specq@nordeclair.fr
Le 21 août 2007, vers 13 h 15, un homme sonne à la porte d’une maison de Roubaix. Il quémande un peu d’argent. Zulma X., 84 ans, la dame qui lui ouvre, lui remet une pièce. Plus tard, l’inconnu sonne à nouveau pour réclamer plus. Réticences. Il veut alors vendre une montre. Refus. Il force l’entrée au prétexte de donner un coup de téléphone, demande de l’eau, passe deux appels et, quand il avise les six bagues portées par la dame esseulée, sa violence se déchaîne.
Insultes, coups : l’homme tire sur les bagues en vain jusqu’à faire saigner les doigts de la victime. Trois coups de couteau dans l’abdomen, strangulation, vase brisé sur la tête, bâillon pour l’empêcher de crier : l’agresseur ne recule devant rien. Le sang sur les doigts de la victime, servant de lubrifiant, permet à l’agresseur de retirer les six bagues…

Zulma X., malgré la gravité de ses blessures, survit. Et hier, derrière son déambulateur, elle assiste, attentive aux côtés de son avocate, Me Sophie Lefrançois, aux débats de la cour d’assises du Nord. Car, après une belle enquête, Hocine Chaouch, 55 ans, poursuivi pour tentative de meurtre, a été arrêté. D’abord, les policiers ont étudié la montre et la bouteille d’eau entamée touchées par l’agresseur. L’ADN identifie Chaouch, déjà répertorié dans le Fichier national des empreintes génétiques (FNAEG).

Surdose de calmants
Reste à repérer ce marginal. Le 13 septembre, c’est fait. Le suspect nie. Alors que les traces ADN l’accablent et qu’il a tenté de revendre les bijoux. Ceci dit, hier matin, l’homme, défendu par Me Karine Delaby, admet avoir été l’agresseur.
Chaouch, touche après touche, devient une sorte de criminel hors norme. Voici trois semaines, l’accusé était déjà condamné, par ces mêmes assises, à vingt ans de réclusion pour avoir empoisonné six amis homosexuels chez qui il squattait. L’un d’entre eux, assommé par une surdose de calmants, en est mort. Les cinq autres subissent le même scénario : plus ou moins inanimés à l’hôpital tandis que Chaouch les vole et utilise frauduleusement leur carte bancaire.
Hier, une assistante sociale, qui témoigne car Chaouch était hébergé dans un foyer roubaisien, évoque le cas d’un autre pensionnaire se plaignant lui aussi d’avoir été empoisonné par Chaouch. Et, dans un dossier criminel actuellement en cours, l’accusé est mis en cause pour l’assassinat de son petit ami âgé de 17 ans. Tout ça commence à faire vraiment beaucoup et la tâche s’annonce difficile par Me Delaby. Verdict aujourd’hui.w

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