AFP 02.08.09

Le marchand d’armes germano-canadien Karlheinz Schreiber contestait dimanche devant un tribunal de Toronto (est) son ordre d’extradition vers l’Allemagne émis vendredi soir par le gouvernement canadien, selon la télévision publique CBC/Radio-Canada.

M. Schreiber, 75 ans, a obtenu une « audience spéciale » afin d’annuler son renvoi en Allemagne, qui veut le juger pour évasion fiscale, fraude et corruption, rapporte CBC/Radio-Canada, affirmant avoir reçu copie d’une lettre que ce dernier aurait adressé au Premier ministre canadien Stephen Harper.

Il s’est présenté au tribunal en fin de matinée, mais n’a pas voulu parler aux journalistes.

Il était impossible dans l’immédiat de confirmer cette information auprès du ministère canadien de la Justice.

M. Schreiber indique dans sa missive avoir reçu l’ordre de se présenter avant dimanche soir dans une prison de Toronto pour y être incarcéré, selon la télévision publique.

Dans sa lettre, le marchand d’armes précise avoir reçu cet ordre vendredi soir des mains de deux fonctionnaires du ministère de la Justice qui lui ont donné 48 heures pour se rendre à la justice.

Il affirme que ce moment a été choisi exprès pour l’empêcher de s’adresser à la justice pendant le week-end, alors qu’il est censé se rendre au Centre de détention ouest de Toronto.

Il accuse aussi les sociaux-démocrates allemands d’utiliser son affaire comme argument électoral contre les chrétiens-démocrates, à quelques semaines des législatives attendues en septembre.

Personnage important du scandale révélé en 2000 des caisses noires de la CDU allemande (Union chrétienne-démocrate), à l’époque du chancelier Helmut Kohl, M. Schreiber avait été arrêté en 1999 à Toronto.

Il se bat pied à pied depuis près de dix ans pour éviter d’être extradé et a désormais virtuellement épuisé tous ses recours.

Une porte-parole du ministère de la Justice canadien s’était contentée d’indiquer mercredi que l’arrêté d’extradition contre M. Schreiber, pris le 30 octobre 2004, était « en suspens ».

Le ministre de la Justice Rob Nicholson avait accepté l’an dernier de surseoir à son extradition pour qu’il puisse témoigner devant une commission d’enquête publique chargée de faire la lumière sur ses relations d’affaires controversées avec l’ancien Premier ministre canadien Brian Mulroney. Sa dernière audition a eu lieu mardi dernier.

Cette enquête porte sur une importante somme d’argent que M. Schreiber dit avoir versée à M. Mulroney pour une opération de lobbying en faveur de la construction au Canada d’une usine allemande de véhicules blindés.

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