Lors de son interrogatoire par le président Olivier Delmarche, l’accusé s’est montré avare d’explications quant aux raisons de son geste, sans qu’on puisse établir de manière certaine qu’il était bien informé de ce que son épouse le trompait depuis quelques jours.

« Ce que j’ai fait, je sais que j’en suis coupable. J’ai commis l’irréparable, ça n’aurait pas dû arriver, elle ne méritait pas de finir comme ça », a dit Fabrice Laurent au président de la Cour d’assises qui lui demandait d’expliquer son geste.

M. Delmarche lui a rappelé les reproches qui lui étaient faits: un penchant pour l’alcoolisme, le peu de participation aux travaux ménagers, notamment. Laurent a rejeté le reproche d’alcoolisme, tout en reconnaissant cependant qu’il lui arrivait de boire, sur le chemin du retour.

Savait-il que sa femme avait un amant? Laurent avait donné pendant toute l’instruction différentes réponses à cette question et il  a continué à le faire, lundi matin: jamais, a-t-il affirmé, elle ne lui avait annoncé son intention de divorcer, mais « je me doutais qu’elle avait quelqu’un, pas plus », a-t-il aussitôt ajouté, ce qui est en contradiction avec le contenu du dossier puisque le fils de Laurent, Timothé, a dit avoir entendu une conversation entre ses parents, sa mère avouant sa liaison à son père.

Venant plus précisément à la scène du meurtre, le président Delmarche s’est efforcé de la faire décrire par l’accusé, l’interrogeant notamment sur son acharnement à frapper à plus de sept reprises la victime, jusqu’à la laisser exsangue et le ventre ouvert.

Elle a pourtant eu le temps, dit-il, de lui dire qu’elle l’aimait, tout en lui murmurant « chambre 9 », ce qui aurait été la chambre dans laquelle elle avait trompé son mari avec son amant, dans l’hôtel où elle était employée. Le président Delmarche a à plusieurs reprises mis en lumière les contradictions et les absences d’explications claires de l’accusé, qui est resté incapable de justifier le nombre et la violence des coups portés.

« Je ne sais pas, je me suis mis en colère, je ne sais plus ce que j’avais dans ma tête », a-t-il dit en réponse à l’insistance du magistrat, qui lui a répliqué: « Vous ne nous aidez pas, M. Laurent ».

Quant aux coups assénés à ses enfants, quelques heures après cet assassinat, Fabrice Laurent n’a guère pu les expliquer autrement que par une formule: « Je ne voulais pas qu’ils souffrent de la mort de leur mère », ajoutant « Je me suis dit que j’avais tout perdu, alors que je n’avais jamais fait de mal à mes enfants ».

Le président Delmarche a cependant évoqué, à ce propos, ce qui résulte d’entretiens que les deux enfants ont eus avec un psychiatre. On y fait état de mauvais traitements qu’ils auraient subis de la part de leur père, et du fait que celui-ci était alcoolique.

Quant à savoir pourquoi son épouse avait pris un amant, Fabrice Laurent s’est encore dit incapable de s’en expliquer, évoquant « une épouse parfaite » et refusant, lui aussi, de confirmer ses propres défauts, mis à jour par l’instruction. Il n’a de même pas pu  préciser à quel moment, le jour des faits, il avait tenté de se suicider en se plantant dans le ventre le couteau qu’il avait utilisé pour tuer son épouse.

L’audience de l’après-midi doit être consacrée à l’audition du juge d’instruction et des enquêteurs.

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