Par Reuters

RICHMOND, Virgine – Le milliardaire texan Allan Stanford et quatre autres personnes ont été inculpées de fraude, d’association de malfaiteurs et d’obstruction à la justice aux Etats-Unis dans le cadre d’une escroquerie financière présumée de sept milliards de dollars, ont annoncé vendredi les autorités judiciaires américaines.

Le milliardaire texan Allen Stanford, accusé d'une fraude financière de huit milliards de dollars, a été présenté devant la justice au lendemain de sa reddition. (Reuters/Joe Skipper)

Le milliardaire texan Allen Stanford, accusé d’une fraude financière de huit milliards de dollars, a été présenté devant la justice au lendemain de sa reddition. (Reuters/Joe Skipper)

A l’issue d’une première audience, un juge fédéral de Virgine a ordonné que Stanford, 59 ans, arrêté jeudi soir par le FBI, soit transféré à Houston (Texas) en vue d’une audience sur son éventuelle mise en liberté sous caution. L’homme d’affaires a comparu les chevilles entravées.

Soupçonné d’avoir orchestré une vaste fraude financière pyramidale, l’homme d’affaires risque la prison à vie s’il est reconnu coupable de toutes les charges portées contre lui, a déclaré à la presse à Washington le procureur général adjoint Lanny Breuer.

Ce dernier a précisé que 5.000 à 6.000 investisseurs étaient concernés par la fraude attribuée au milliardaire, à trois responsables de sa banque et au régulateur financier en chef d’Antigua, un micro-état des Caraïbes où il a installé sa banque, la Stanford International Bank.

Breuer a ajouté que le régulateur d’Antigua « recevait des centaines de milliers de dollars » de pots-de-vin du financier.

Stanford est soupçonné depuis plusieurs mois par l’autorité boursière américaine, la SEC, d’avoir vendu pour huit milliards de dollars de certificats de dépôt à des rendements invraisemblablement élevés par l’entremise de sa banque.

Cette escroquerie présumée, connue sous le nom de « pyramide de Ponzi« , est du même type que celle dont est accusé le financier Bernard Madoff. Elle consiste principalement à rémunérer les épargnants avec les capitaux apportés par d’autres clients.

FRAUDE PYRAMIDALE

La SEC, qui estime que Stanford a utilisé Antigua comme son « terrain de jeu personnel« , a déposé de nouvelles plaintes au civil vendredi contre des dirigeants de son groupe et contre le régulateur d’Antigua.

Elle les accuse notamment d’avoir détourné plusieurs milliards de dollars et d’avoir dissimulé des informations financières et d’avoir transféré des documents à Antigua en utilisant le jet privé du milliardaire pour les brûler sur place.

Organisateur de tournois de golf et de cricket, Stanford, qui détient la double nationalité américaine et d’Antigua et Barbuda, a été le premier Américain anobli par Antigua en 2006, ce qui lui permet de se faire appeler « Sir Allen » sur les deux îles constituant ce petit Etat.

Cette affaire est la première grande poursuite judiciaire dans un dossier financier depuis l’entrée en fonction de l’administration du président américain Barack Obama, qui a promis de s’attaquer à la délinquance économique.

Stanford dément de son côté toute malversation. Il a dit qu’il mènerait « le combat de vie » s’il était inculpé.

En avril, il avait déclaré à Reuters que si la SEC n’avait pas démantelé son empire, les investisseurs auraient récupéré leur mise et seraient riches.

Allen Stanford avait fait fortune dans l’immobilier au Texas au début des années 1980 avant de transformer son groupe familial en société internationale de gestion de fortune.

Avant que les accusations de la SEC ne soient lancées, sa fortune était évaluée à 2,2 milliards de dollars par le magazine Forbes. Il était connu pour sa générosité à l’égard de certains sports et était propriétaire de nombreuses maisons à Antigua, en Floride et au Texas.

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