La Cour d’appel de Dijon a relaxé jeudi un instituteur de Côte-d’Or poursuivi pour avoir menacé en  septembre 2008 un élève de CM1 de lui “couper le zizi” au cutter.

Relaxe ! La Cour d’appel de Dijon a décidé jeudi de ne pas suivre les réquisitions de l’avocat général, qui lors de l’audience du 27 novembre avait demandé une amende de 1.000 euros, dont la moitié avec sursis, à l’encontre de l’instituteur poursuivi pour avoir menacé en septembre 2008 un élève de CM1 de lui “couper le zizi” au cutter. “Je suis soulagé car je n’y croyais plus et je pensais qu’on allait  continuer à me harceler, car ils ont mis tout de même un an avant de s’apercevoir que ce que j’avais fait n’était qu’une connerie”, a déclaré Jean-Paul Laligant dès sa sortie du délibéré.

L’instituteur de 53 ans, dont son avocate Maître Dominique Clément avait plaidé la relaxe au nom de “32 ans d’une carrière sans reproche et sans faille“, avait été condamné en mai dernier à une amende de 500 euros avec sursis par le tribunal correctionnel de Dijon. Il avait immédiatement interjeté appel, déclarant ne “pas contester la sanction“, mais “la déclaration de (sa) culpabilité” pour des faits dont il s’affirme “complètement innocent“.

Forte mobilisation pour soutenir l’instituteur

Jean-Paul Laligant, suspendu depuis un an à titre conservatoire avec maintien de son traitement, avait expliqué à la cour que son geste “n’avait suscité ni violence physique ni traumatisme chez les élèves“, encore moins chez l’intéressé, Julien, neuf ans, qui “n’en avait d’ailleurs pas parlé à ses parents“. C’est le comportement “chahuteur” de ce dernier qui avait été à l’origine de ce que certains parents d’élèves avaient alors qualifié d'”incident“, le rapportant à la directrice de l’école.

Les enfants sont venus me dire que Julien n’arrêtait pas de montrer son zizi. Je l’ai fait venir à mon bureau, j’ai pris un cutter dans mon cartable et pour ramener le calme, je lui ai dit sur le ton de la plaisanterie : je coupe tout ce qui dépasse”, avait expliqué à la cour l’instituteur dont c’était le premier jour de classe, en remplacement d’une collègue malade à Liernais (Côte  d’Or). L’instituteur, qui était soutenu par les élus du canton de Liernais, des syndicalistes enseignants et des villageois qui ont recueilli “plus de 5.000 signatures” en sa faveur, a rendez-vous lundi avec l’inspecteur d’académie pour sa réintégration, a-t-il indiqué. “Je suis prêt pour la rentrée” le 4 janvier prochain, a-t-il affirmé en quittant le tribunal.

le 17 décembre 2009 à 16:08
1 réponse
  1. Didou
    Didou dit :

    La vie de cet homme est devenu un enfer pour une simple phrase qui lui a échappé et interprété complètement hors de son contexte.

    Il faut saluer cette décision de justice qui a su rétablir la mesure de la faible gravité des faits en pratique, et remis dans un contexte “d’éducation”.

    Peut être a-t-il été maladroit mais n’aurait-il pas été pire de ne rien dire et laisser faire cet enfant qui n’avait pas conscience que ce qu’il faisait n’était pas correct ?

    Répondre

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