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Accusé d’avoir donné la mort au compagnon de la mère de sa petite amie en février 2006, Jean David Vaïtilingom était poursuivi pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Hier, au terme d’une journée d’audience, la cour a estimé qu’il n’était pas coupable. Il a été acquitté.

Les larmes aux yeux mais le sourire aux lèvres, les proches de Jean-David Vaïtilingom sont visiblement soulagés d’un poids énorme. Hier, la cour d’assises de Saint-Denis a reconnu l’innocence du jeune homme dans le cadre du décès du compagnon de sa belle-mère. Elle a prononcé son acquittement. Son avocate, Me Lynda Tolsy, est satisfaite. “Les jurés ont compris ce dossier. La voix de mon client a été entendue”, indique-t-elle simplement. Le 2 mars 2006, Jean-Marc Gaudens, 51 ans, compagnon de la mère de la petite amie du mis en cause, est admis à l’hôpital dans un état comateux. Il présente de nombreuses traces de griffures superficielles sur le corps ainsi que deux fractures au crâne. Celles-ci ont entraîné une hémorragie cérébrale. Ses blessures sont tellement graves qu’elles provoqueront sa mort cinq jours plus tard.

“La maison était sale”

Alcoolique, Jean-Marc Gaudens avait très souvent été admis aux urgences après être tombé lorsqu’il était en état d’ébriété. Mais les constatations du médecin légiste indiquent dans un premier temps que les lésions au cerveau ne sont pas seulement dues à une mauvaise chute. Une enquête est alors ouverte et toutes les pistes suivies par les policiers mènent vers un seul homme, Jean-David Vaïtilingom, et une date, le 26 février 2006. Ce jour-là, en fin d’après-midi, alors qu’ils reviennent d’un pique-nique à la rivière, l’accusé et sa compagne décide d’aller rendre visite à Marie-Mireille, la mère de cette dernière. La vieille dame habite à Saint-André, dans une résidence pour personnes âgées. Arrivés sur place, c’est Jean-Marc Gaudens qui leur ouvre la porte. Il est saoul. L’habitation est sale, une odeur pestilentielle s’y dégage, il y a des traces de sang au sol. La femme, handicapée, est quant à elle allongée sur un drap, par terre dans le couloir. Elle aussi est complètement ivre. La vue d’un tel spectacle rend Jean-David Vaïtilingom furieux. “Ça m’a énervé de voir la maison comme ça. J’ai dit à Jean-Marc de venir discuter avec moi dehors. Il ne voulait pas. Il était tellement saoul qu’il ne tenait presque plus debout. Alors je l’ai saisi par le bras et emmené vers l’extérieur. Une fois sur le seuil, je l’ai lâché. Il s’est cramponné à la porte, puis est tombé et s’est cogné la tête contre le sol en béton”, relate-il.

Des témoignages troublant

Pourtant, des témoignages remettent en cause cette version des faits. “Je suis passée chez eux le lendemain matin. Jean-Marc m’a dit qu’il avait mal à la tête. Il a expliqué que David lui avait donné des coups à la tête avec des chaussures de sécurité quand il était par terre”, raconte la sœur de Marie-Mireille à la barre. Leurs investigations amèneront les enquêteurs à découvrir une paire de chaussures de sécurité dans sa voiture. L’expertise médico-légale montrera finalement que les lésions cérébrales de la victime étaient en réalité dues à un choc traumatique de contrecoup. “L’hypothèse de la chute est beaucoup plus probable”. signale le neurochirurgien. Pour le procureur général Raymond Doumas, si la médecine disculpe l’accusé, il reste néanmoins des zones d’ombre. Même raisonnement pour Vincent Hoarau, avocat de la partie civile. “Pourquoi il y a-t-il plusieurs versions des faits ?”, questionne le représentant du parquet en faisant références aux témoignages de la concubine et de la fille de cette dernière. “Même si la mort est indirecte, le crime est constitué”, poursuit-il avant de requérir “une peine symbolique” : entre trois et cinq d’emprisonnement assortis de sursis simple. Me Lynda Tolsy, avocate de la défense, a basé sa plaidoirie sur deux éléments qui ne pouvaient que conclure à l’innocence de son client : l’absence de preuves de culpabilité et de témoins directs de la scène. Moins de vingt minutes plus tard, les jurés en étaient arrivés à la même conclusion qu’elle. Jean-David Vaïtilingom est donc ressorti de la cour d’assises libre et innocenté

M.N.

1 réponse
  1. Vladim
    Vladim dit :

    Pour le Parquet “une peine symbolique” c’est entre trois et cinq d’emprisonnement assortis de sursis simple : ça fait peur !

    Vladim

    Répondre

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