Des policiers ont été appelés en renfort lorsque le prévenu a quitté le tribunal, car dehors, de nombreux proches l'attendait.

Des policiers ont été appelés en renfort lorsque le prévenu a quitté le tribunal, car dehors, de nombreux proches l’attendaient.

Vendredi, le tribunal correctionnel jugeait un jeune Abbevillois en comparution immédiate pour une série d’outrages. Famille et proches du prévenu avaient fait de déplacement en nombre. L’ambiance était tendue. Climat tendu, incident d’audience, renforts de police, sortie du tribunal sous protection policière… Rarement le tribunal de grande instance d’Abbeville vit des audiences qui attirent l’attention. Mais hier, entre 16 et 17 heures, face au tribunal, une agitation particulière régnait et attirait tous les regards. L’affaire jugée n’était pourtant pas la pire qu’est connue cette juridiction. Mais la personnalité du prévenu a incité les autorités à la prudence. Tout est parti d’une série d’outrages. Ces dernières semaines, à plusieurs reprises, un jeune abbevillois insulte les policiers, puis le procureur de la République. C’en est trop pour le parquet, qui décide de juger en comparution immédiate ce jeune homme, connu des services de police. Colère du président Hier, à l’audience, cette série d’outrages n’a que très peu été abordée. Me Crépin, avocat du prévenu, a demandé un renvoi, qui lui a été accordé. Mais le tribunal devait statuer sur le maintien en détention ou non du jeune homme. Les débats ont tourné cours. Le public, la famille et les proches du prévenu étaient venus nombreux assister à cette audience. Et quand le président du tribunal a demandé au prévenu d’où il tirait ses revenus, ce dernier s’est tourné vers sa petite amie, présente dans la salle. C’est elle qui a répondu au tribunal, en s’adressant directement aux juges. Elle a provoqué la colère du président qui a fait évacuer la petite amie par les policiers. Le prévenu s’est braqué et a tourné le dos au tribunal, ne répondant plus aux questions. Fin des débats. Me Crépin expliqua alors que son client sortait d’un long séjour à l’hôpital de Berck, consécutif à un très grave accident de moto, il y a un an. Il en a des séquelles. Notamment « des absences », témoigne son avocat, qui a demandé la mise sous contrôle judiciaire plutôt que le maintien en détention. Le tribunal ne l’a pas suivi. Il a renvoyé le jeune homme derrière les barreaux en attendant son jugement en novembre. Sous protection policière Dans la salle, c’est l’exaspération, car l’état de santé du prévenu serait encore très précaire et une nouvelle intervention chirurgicale est nécessaire. Tout le monde veut alors voir une derrière fois ce fils, ce frère, cet ami. L’escorte de gendarmes qui l’accompagne est sur ses gardes et veut à tout prix éviter que la situation ne dégénère. Ils temporisent. Puis le prévenu est installé dans le fourgon cellulaire. Ses proches se précipitent dehors, à la sortie de la cour du tribunal où les attendent une dizaine de policiers venus assurer la sécurité du convoi. La situation restera ainsi figée pendant une demi-heure. Finalement, le fourgon sort. Les policiers arrêtent la circulation. Le véhicule file. Un sifflet ou deux se font entendre. Timidement. Fin. L’audience du 4 novembre risque d’être de nouveau électrique d’autant que cette fois, le tribunal sera amené à prononcer une peine pour ce jeune au casier judiciaire marqué de sept condamnations. THOMAS DELOBELLE

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