20 ans de réclusion pour 51 coups de couteau

Frédéric Abéla

Mehdi Fekir avait massacré sa compagne, Mélanie, 26 ans, parce qu’elle voulait le quitter.

En moins de deux heures, les jurés de la cour d’assises de Haute-Garonne ont scellé le sort de Mehdi Fekir. Hier, cet homme de 35 ans a été déclaré coupable d’assassinat sur sa compagne, Mélanie Rodrigue et condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Une peine beaucoup moins lourde que les réquisitions de l’avocat général Marc Gaubert qui avait demandé 30 ans. Medhi Fekir encourait la perpétuité.

Le 16 avril 2007, dans l’appartement du couple, à Tournefeuille, le corps de Mélanie, 26 ans, lardé de 51 coups de couteau, est découvert par les policiers. Fekir était sorti de prison cinq jours auparavant. Quelques heures avant de s’acharner sur le corps de sa compagne il venait d’apprendre qu’elle voulait le quitter. Durant ces deux jours d’audience, l’accusé se contente de répéter cette même phrase, ne livrant aucune explication sur cette violence inouïe.
« je le hais »

« C’était ma fille unique. Je n’ai plus personne, je suis veuve et je suis complètement perdue. Il l’a achevée, je le hais. Je suis bouleversée », lâche émue mais digne, la mère de Mélanie, soutenue par son avocat Me Boucharinc. Cette nuit du 16 avril 2007, la jeune femme annonce à Mehdi, rongé par des dépressions, qu’elle veut mettre un terme à leur relation, déçue par ses aveux d’infidélités. Mélanie, aide-soignante appréciée pour sa générosité, avait gagné un dernier combat en obtenant la libération conditionnelle de Mehdi tombé pour un braquage suicidaire en 2005 à Plaisance. Mais ce soir-là, cet homme ne peut se résigner à la séparation annoncée. Il est tard et après une rude discussion, elle ajuste ses bouchons dans ses oreilles. Mehdi saisi un couteau de cuisine et plante la lame à 51 reprises, la dernière dans la région du cœur. Pourquoi ? La défense se lance dans l’exploration de l’enfance « fracassée » de l’accusé. Me Alfort résume : « Le drame du 16 avril a commencé dès l’âge de 3 mois… » La vie de Fekir, ballotté dans des familles d’accueil, en fait selon la défense, une sorte de « bombe à retardement » dopée à l’adolescence par l’héroïne et le shit.

Entre « carences affectives » et « sentiment d’abandon » subi durant l’enfance, Fekir n’aurait plus supporté d’être balayé par celle qu’il aime. C’est là, dans ce tragique jeu de miroirs où le regard de l’autre ne renvoie plus que la pâle copie d’un amour défunt, que le geste de Fekir atteint son paroxysme.
Avec les blessés d’AZF

Jolie brune, souriante et tournée vers les autres, Mélanie Rodrigue était aide-soignante. Elle faisait également partie de la cellule de soutien psychologique auprès des sinistrés de la catastrophe de l’usine AZF. Sérieuse dans tout ce qu’elle entreprenait, elle projetait de suivre des études d’assistante sociale. Lorsque son compagnon Mehdi Fekir est écroué après un braquage, elle se démène pour lui trouver toutes les garanties d’insertion. Elle héberge la fille de Fekir naît d’une précédente union. Après 15 mois de détention, Fekir recouvre la liberté, le 11 avril 2007 grâce à l’insistance de Mélanie. Cinq jours plus tard, son corps est lardé de coups de couteau.

0 réponses

Répondre

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.