Par LEXPRESS.fr, publié le 08/06/2009 16:50

Un SDF condamné à 18 mois de prison pour « attouchements sexuels » a demandé la révision de son procès, sa « victime » ayant reconnu avoir menti. La chambre criminelle de la cour de Cassation statuera mercredi.

Un SDF sénégalais de 46 ans, condamné en 2008 à 18 mois de prison pour agression sexuelle, demandera mercredi à la Cour de révision d’annuler sa condamnation, sa « victime » ayant reconnu depuis avoir menti, a-t-on appris lundi de sources judiciaires.

Condamné à tord pour "attouchements sexuels", un SDF va demander, ce mercredi, la révision de son procès.

AFP

Condamné à tord pour « attouchements sexuels », un SDF va demander, ce mercredi, la révision de son procès.

En février 2008, une jeune femme de 20 ans s’était rendue dans un commissariat parisien où travaillait son petit ami de l’époque, afin de dénoncer une agression sexuelle.

Elle avait alors raconté comment trois semaines plus tôt, rue Saint-Sabin (XIe arrondissement), vers 19H00, un homme de « 50-60 ans », « de type africain », l’avait saisie à la gorge et lui avait infligé des attouchements sexuels.

Confrontée à des photos, la plaignante avait identifié Vamara Kamagate, sans toutefois se montrer « absolument formelle ».

Interpellé, le SDF avait été condamné le 8 mars 2008 par le tribunal correctionnel de Paris à 18 mois d’emprisonnement pour agression sexuelle et séjour illégal, une sanction assortie d’une interdiction du territoire français de trois ans.

Attirer la compassion de son petit ami

Mais, coup de théâtre, quelques semaines plus tard, la jeune victime avait reconnu avoir menti, relate l’avocat du SDF, Me Anne Sevaux. Victime à 13 ans d’une agression sexuelle, elle avait voulu attirer l’attention et la compassion de son petit ami de l’époque.

C’est seulement alors qu’une contre-enquête diligentée par le parquet avait permis de constater les faiblesses des premières investigations.

Dénonçant des faits « imaginaires », inventés par la victime « par besoin de reconnaissance », le parquet de Paris avait alors saisi la garde des Sceaux d’une demande en révision, en mai 2008.

Un mois plus tard, Rachida Dati avait effectivement saisi la commission de révision des condamnations pénales qui, le 1er septembre, a renvoyé le dossier devant la Cour de révision, étape ultime avant une éventuelle révision.

La chambre criminelle de la Cour de cassation, siégeant comme Cour de révision, se réunira mercredi à 14H00 pour trancher l’affaire une fois pour toutes. Après la plaidoirie de Me Sevaux et les conclusions du parquet général, la décision sera rendue dans la foulée ou, plus probablement, mise en délibéré.

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