Marjorie Deshaies et son père, Michel, se battent depuis 7 ans pour obtenir réparation du préjudice subi avec la mort de Grégory Jeandet.

Marjorie Deshaies refuse que son compagnon soit mort pour rien. La justice en a décidé autrement.

Du tribunal correctionnel au tribunal de grande instance. Avant de passer, bientôt, devant le tribunal des Affaires de sécurité sociale. Depuis 6 ans, Marjorie Deshaies n’en finit plus de réclamer réparation et justice après la mort accidentelle de son compagnon.Enquête accablante

Le 25 avril 2003, Grégory Jeandet travaille sur le site des Sablières de l’Atlantique à Montoir-de-Bretagne. Alors qu’il intervient dans une trémie, une avalanche de sable se déclenche et l’ensevelit.

Trois jours plus tard, la direction départementale du travail dépêche deux inspecteurs sur le site. Résultat de leur enquête : « Il a pu être établi que cet accident survenait dans un contexte dans lequel préexistaient de graves dysfonctionnements. Des incidents similaires d’encombrement avaient déjà eu lieu auparavant […] sans qu’ils aient incité la direction de l’entreprise à en tirer des enseignements et à formaliser les solutions résultant de ceux-ci ». Conclusions accablantes pour la filiale du Groupe Charier.

Incompréhension

Mais la justice en a décidé autrement : le procès pour homicide involontaire qui s’ouvre le 7 mars 2006 devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire aboutit à une relaxe des prévenus. La famille de Marjorie n’en revient pas. « Cette décision est incompréhensible. Même la présidente du tribunal semblait gênée en prononçant le verdict », s’insurge Michel Deshaies, qui se bat auprès de sa fille depuis le début.

Pour expliquer cette décision, il évoque des pressions qui auraient eu lieu contre des salariés pour signer une lettre, pointant la responsabilité de Grégory et dont le tribunal aurait eu connaissance le jour même de l’audience. Et s’étonne que le procureur n’ait pas fait appel de la décision de justice. Reste que le délibéré du tribunal est clair : « Malgré ces manquements, il ne peut être imputé à la S.A Les Sablières de l’Atlantique un désintérêt manifeste à la sécurité de ses salariés. […] Il ressort de ces éléments que Monsieur Grégory Jeandet avait toutes les connaissances nécessaires sur les risques spécifiques auquel il pouvait être exposé ».

Dialogue de sourd

Mais la famille Deshaies refuse de se laisser abattre et se tourne vers la juridiction civile : l’audience au tribunal de grande instance est fixée au mois de juin 2008. Et là, nouvelle désillusion : même la simple réparation du préjudice moral est refusée. « Non seulement nous avons été déboutés de nos procédures, mais la direction a osé exiger par voie d’huissier les frais de justice d’un montant de 3 000 €. On sait que l’on s’attaque à quelqu’un qui est milliardaire et qui a des relations », conclut Marjorie Deshaies, qui a envoyé un courrier, daté du 12 novembre dernier, à Monsieur Charier. Elle y demande un entretien qui a été refusé dans une lettre datée du 26 novembre et qui renvoie aux conclusions de la justice.

Le dialogue de sourd continue donc, mais Marjorie et son père assurent qu’ils n’abandonneront pas le combat : « Nous espérons que la médiatisation de cette affaire fera bouger les choses. Et je lance un appel à tous les salariés et retraités du groupe Charier et des Sablières de l’Atlantique pour constituer un comité de soutien et de solidarité ».

E.L.L.

« La présidente semblait gênée en prononçant le verdict »

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