Un chagrin d'amour de porcelainier
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Germaine était peut-être une femme légère, mais Raymond l'aimait. Ou plus exactement il a très mal supporté une infidélité… non rémunérée. Le 30 juillet 1932, est célébré à Châteauroux le mariage de Raymond Blin, 25 ans, auxiliaire des PTT, avec Germaine Giraudon, jolie brunette de 32 ans. Dans cette liesse générale, un homme rôde, observe encore un peu plus les moindres mouvements de la mariée. Il est agité. Il s'agit de Marcel Carré, porcelainier à l'usine Chaput de Villedieu-sur-Indre et ancien ami de Germaine. La femme du postier n'envoie pas de lettres Le porcelainier, décidé à en finir, prend sa bicyclette, part pour Châteauroux où il arrive au début de l'après-midi. Dans sa poche, il a son couteau, outil de porcelainier. Ce 31 août 1932, vers 15 h, Germaine, accompagnée de sa belle-sœur, Marguerite Lory, quitte la rue Nationale pour se rendre chez une parente, route de La Châtre. Lorsque les deux femmes arrivent au carrefour de la route de La Châtre, elles aperçoivent Marcel qui les suit. Marcel se rapproche brusquement des deux femmes. « Allez-vous-en ! Laissez nous tranquilles ! », lance Marguerite à Marcel. « Ce que j'ai ne vous regarde pas », répond le porcelainier. Aussitôt, Marcel lâche sa bicyclette, s'arme de son couteau et d'un geste rapide et sauvage se met à frapper Germaine à la gorge, au cœur, au ventre. La malheureuse s'écroule sur la chaussée. Toujours en vie, Germaine se relève difficilement. Elle tente de s'enfuir. Elle est rattrapée par son ancien amant qui s'acharne sur elle. Un bruit sourd résonne dans la rue, puis plus rien. Le manche du couteau de l'assassin vient de se briser laissant la lame plantée dans le corps de sa victime. Germaine ne bouge plus. Des habitants du quartier surviennent et immobilisent le meurtrier le temps que la police arrive. |