Sur la route de Limoux à Carcassonne, cette collision frontale avait fait un mort le 6 mars 2008, un Arzenois de 25 ans se rendant à son travail.

Malgré leurs efforts, les secours n'avaient pas pu sauver Ludovic Molinier, décédé dans l'hélicoptère qui le transportait vers l'hôpital de Rangueil. Photo DDM, archives.

Malgré leurs efforts, les secours n'avaient pas pu sauver Ludovic Molinier, décédé dans l'hélicoptère qui le transportait vers l'hôpital de Rangueil. Photo DDM, archives.
Malgré leurs efforts, les secours n’avaient pas pu sauver Ludovic Molinier, décédé dans l’hélicoptère qui le transportait vers l’hôpital de Rangueil. Photo DDM, archives.

C’est une situation que beaucoup d’entre nous auront vécue dans leur vie d’automobiliste: une file de véhicules ralentie brusquement par un tracteur sur une route nationale, et un dépassement qui se termine mal. L’accident de Couffoulens, sur la route de Limoux à Carcassonne au matin du 6 mars 2008, et qui aura coûté la vie à Ludovic Molinier, un Arzenois de 25 ans qui se rendait à son travail de magasinier dans un garage de Limoux, est certainement dû à un ralentissement. C’est là une des rares certitudes d’un dossier dont le jugement a été mis en délibéré au 17 juin prochain. Avec celle que le jeune homme n’y est pour rien, et qu’il n’a rien vu venir. Deux conducteurs, qui circulaient en sens inverse, de Limoux à Carcassonne, sont mis en cause dans cet accident mortel: l’un, Sébastien Oberti, conduisait la camionnette de l’entreprise de maçonnerie dont il est toujours le chauffeur, un Iveco couplé à une remorque transportant un groupe électrogène. L’autre, Jean-François Gayrard, agent hospitalier à Limoux, venait de le dépasser au volant d’une Fiat Punto. Le premier, prévenu d’homicide involontaire, accuse le second, qui comparaissait hier pour mise en danger de la vie d’autrui, de lui avoir fait une queue de poisson, l’obligeant à bloquer les freins de la remorque, et à perdre le contrôle de sa camionnette pour aller percuter la VW Golf de l’infortuné Ludovic Molinier. Une version contestée par l’automobiliste, qui assure s’être rabattu normalement, et avoir eu la place de le faire. L’enquête de gendarmerie, sur la base des déclarations des témoins, pointera le caractère dangereux de ce dépassement, sans le prouver. L’avocate de la partie civile, anticipant une plaidoirie de relaxe qu’elle jugerait «indécente», s’attachait à démontrer un lien de causalité direct entre le dépassement et l’accident: «On ne pile pas si on n’y est pas contraint et si l’un n’avait pas doublé, l’autre aurait eu le temps de freiner». Le ministère public, quant à lui, évoquait «la simultaneité entre le dépassement et l’accident».Pour la défense de Sébastien Oberti, Me Fermond insistait également sur cette manœuvre perturbatrice: «Le seul responsable, c’est bien Jean-François Gayrard, pas mon client». Me Bourland défendait le sien de client, en expliquant que «c’est bien le ralentissement de la file qui est à l’origine du défaut de maîtrise de son véhicule de Sébastien Oberti». Les deux en tout cas ont manifesté leurs regrets lors de cette audience.

Pascal Charras

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