Depuis lundi, la cour d’assises de l’Isère examine les raisons qui ont poussé Thierry Ancenay à enlever et à étrangler le jeune fils de son ex-compagne.

« Thierry Ancenay, c’est un petit enfant », « sans grande personnalité », qui « s’est comporté de manière très immature et puérile ».

Les conclusions du Dr Hervé Claudel, expert psychiatre, énoncées lundi devant la cour d’assises de l’Isère, sont sans appel : l’accusé, 45 ans, « cet homme lisse, assez vide, mais qui ne présente pas de troubles psychologiques », voyait dans le fils de sa compagne « un rival potentiel ».

Nicolas, 10 ans, concurrent de l’accusé dans le cœur de Marie-Cécile Dabon, celle qui venait, après neuf mois de liaison, de lui signifier son congé ? C’est aussi ce que croit la mère, qui a confié hier à RTL, son désarroi : « Mes enfants, c’est ma prunelle et il savait très bien qu’en touchant mon fils ça allait être terrible. Il avait la possibilité de s’attaquer à moi. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Parce que je suis une adulte tout simplement et que j’aurais pu me défendre… »

« C’est monstrueux »

Nicolas, lui, n’a pas pu. Thierry Ancenay a reconnu, lundi devant les juges, le crime qui lui ait reproché. « Oui », le 18 novembre 2006, il est allé chercher le garçonnet à l’école Haroun-Tazieff des Abrets, où il était scolarisé en classe de CM1. L’enfant connaissait bien l’ébéniste et lui faisait confiance. « Oui », il l’a conduit aux abords du parc Bisso et l’a étranglé avec une fine cordelette, prise chez lui en prévision du meurtre. C’est là, dans les fourrés que le corps sans vie de Nicolas a été trouvé par les gendarmes sur les indications de Thierry Ancenay, interpellé le lendemain du crime.

Dans le box des accusés de la cour d’assises, à Grenoble, Thierry Ancenay reste prostré, la tête baissée, sans un regard pour la partie civile, les parents divorcés de Nicolas, également parents de la petite Léa, la jeune sœur de Nicolas. Tout juste concède-t-il, interpellé par l’un de ses défenseurs, le bâtonnier Denis Dreyfus, que ce qu’il a fait, « c’est monstrueux ».

L’expert Claudel poursuit son exploration dans la psychologie de l’accusé, notamment lorsqu’il a, quelques années avant les faits, braqué une pharmacie pour obtenir les médicaments que lui réclamait une petite amie toxicomane, ou incendié la voiture d’une autre déception amoureuse : « des tentatives maladroites d’affirmer une personnalité très faible ».

« Qu’il en crève »

Une personnalité, au dire du spécialiste, très marquée par celle de sa propre mère. La voici d’ailleurs à la barre pour expliquer que son fils était venu déjeuner chez elle, une heure avant le drame, « comme d’habitude ».

« J’étais comme d’habitude, sans penser que j’allais faire quelque chose. Elle s’est rendu compte de rien », a simplement dit Thierry Ancenay. La cousine succède à la mère devant les jurés. Ancenay l’a appelée la nuit suivant le crime pour lui demander de lui fournir un alibi et « il n’était pas affolé ».

Marie-Cécile Dabon, hier, s’est emportée contre l’attitude du meurtrier de son fils : « Il n’a même pas de remords. Aucune excuse, rien. L’essentiel, c’est sa petite personne. Maintenant, je n’attends plus rien de lui. Qu’il purge sa peine et, excusez-moi, mais s’il pouvait en crever, qu’il en crève ! »

Sandrine Briclot

Edition France Soir du mercredi 13 mai 2009 page 13

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