SAINT-QUENTIN Vingt ans de réclusion pour meurtre

David Carpentier était accusé d'avoir massacré un quinquagénaire qui lui avait offert l'hospitalité. (dessin Bertrand LEFEBVRE). David Carpentier était accusé d’avoir massacré un quinquagénaire qui lui avait offert l’hospitalité. (dessin Bertrand LEFEBVRE).

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Jugé pour le meurtre d’un quinquagénaire qui avait accepté de l’héberger, en 2007, David Carpentier a été condamné, lundi, à la réclusion criminelle par la cour d’assises de l’Aisne.

Avant les plaidoiries des avocats, Tatiana Rigaux, fille de la victime, s’est adressée à David Carpentier en ces termes : « J’espère que vous souffrez autant que je souffre de la mort de mon père car vous nous avez ôté une partie de nous-mêmes, moi et mes enfants, ses petits-enfants. »

Elle a eu aussi ces mots pour la maman de David Carpentier : « Je compatis avec elle et je comprends la peine qu’elle éprouve d’avoir un fils comme ça. » Son avocat, Me Gilles Laurent a souligné le courage dont elle a fait preuve depuis les faits et pendant le procès. Il n’est pas convaincu que l’accusé souffre d’une maladie mentale ; en revanche, il le croit manipulateur.

« Il est capable de rationaliser, de maquiller son crime en suicide et d’inventer des mensonges qui seront démentis par les analyses. Ce dossier pose le problème de la personnalité », dit-il en demandant aux jurés que soit respectée la dignité de la victime. « Tatiana vous fait confiance », a-t-il conclu.

L’avocat général, Julien Haquin, s’est largement appuyé sur le rapport d’un des experts psychiatres pour requérir une peine de trente années de réclusion criminelle. « Il présente un état dangereux parce qu’il n’est pas capable de contrôle pulsionnel et il est susceptible de récidiver. » Le représentant du ministère public balaie la possibilité d’un suivi psychiatrique en milieu ouvert : « Ce serait illusoire. Sa vie est faite d’errances. On n’arrive jamais à le stabiliser. »

Trente ans requis

L’avocat de la défense avait un lourd dossier à assumer. Pour Me Abderrazek Khelfat, la maladie mentale ne fait aucun doute et explique les incohérences du comportement de David Carpentier.

L’avocat estime aussi que toutes les pistes n’ont pas été exploitées pour connaître le déroulement de la soirée tragique du 11 au 12 juillet 2007, ce qui aurait permis de définir les responsabilités exactes de David Carpentier. Me Khelfat s’est surtout attaché à dénoncer les carences de notre société, à travers le fonctionnement – et même l’absence – d’institutions adaptées au cas de son client.

« Une société se juge à la manière dont elle traite les personnes vulnérables. Quelle place voulez-vous faire à un polyhandicapé » a-t-il demandé aux jurés.

L’avocat de la défense s’est dit « atterré » par la hauteur de la peine requise, « fondée sur un seul rapport », au détriment de ceux qui déclaraient la conscience de David Carpentier, altérée.

« Trente ans de réclusion criminelle, c’est un lynchage judiciaire, une euthanasie sociale et même un eugénisme social » a conclu Me Khelfat.

David Carpentier a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle assortis d’une peine de sûreté des deux tiers.

FRANÇOISE.-J. CHÉRUY

Mardi 13 Octobre 2009

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