L’établissement pénitentiaire de Loos (Nord) n’est pas une prison passoire, mais, comme partout ailleurs, il arrive qu’on y délivre des permissions de sortie. Condamné déjà à quelques reprises, mais avec sursis, pour des vols notamment, un jeune homme de 27 ans avait écopé, cette fois de huit mois ferme, pour conduite en état d’ivresse et sans permis. Les faits d’armes passés ayant compté pour beaucoup dans cette condamnation.

Rien, toutefois, ne prédisposait ce jeune homme à se retrouver un jour devant la barre du tribunal de Rodez, la terre de ses exploits étant beaucoup plus septentrionale. Toutefois, le 5 octobre dernier, à l’occasion d’une permission de sortie, il choisissait donc de ne pas rentrer mais plutôt de filer droit sur le Rouergue afin de tirer sa compagne (et leur fils

âgé de deux ans), des griffes d’un nouveau compagnon d’infortune. Celui-ci était d’ailleurs tellement préoccupé par le sort du prisonnier que, souhaitant qu’il reste encore quelque temps sous les verrous, il avait convaincu sa nouvelle compagne de déposer une plainte pour viol contre lui.
Cette “cavale”, entre l’Aveyron et le Nord, durera quelques mois. Jusqu’à ce 30 décembre dernier ou, lors d’un banal contrôle routier, le jeune homme, qui avait récupéré femme et enfant, se fera interpeller par des policiers aveyronnais. Pour faire bonne mesure, il mentira aux enquêteurs, usurpant l’identité de son frère.
On aura compris qu’on n’est pas vraiment là dans le domaine du grand banditisme, mais plutôt dans celui des abonnés aux mauvaises pages de quelques romans de Zola.
Le procureur de la République demandera un an d’emprisonnement pour le fait de ne pas avoir réintégré l’établissement pénitentiaire, et trois mois pour l’usurpation d’identité. Son avocate, Hélène Boulet, fera remarquer que son client n’était animé que par le désir de protéger sa femme et son fils. Et elle insistera avec à-propos sur « l’absence avérée des vertus curatives de l’emprisonnement ». La peine infligée sera, finalement, de six mois et trois mois, soit neuf mois en tout, avec mandat de dépôt à l’audience. Une peine qui a eu l’air de satisfaire le condamné qui s’est retiré en souhaitant une bonne année à l’assistance.
Toujours dans le cadre des comparutions immédiates, c’est-à-dire vingt-quatre heures environ après l’interpellation, un homme de 46 ans, vivotant avec concubine et sept enfants, dont quatre de lui, aura appris, forcément à ses dépens, qu’il ne fait pas bon insulter les policiers, ni se débattre lorsqu’ils veulent vous passer les menottes. Circonstance (aggravante ou atténuante ?) l’homme était ivre au moment des faits (le 30 décembre vers midi), puisque, selon son propre aveu, il avait descendu une quinzaine de Ricard. Pas si mal pour quelqu’un qui venait de subir un traitement en vue de ne plus absorber d’alcool, et qui s’était vu interdire la fréquentation des débits de boissons quelques mois avant, à la suite d’une précédente incartade.
Cette fois, c’est une querelle à propos de l’éducation de la fille aînée, majeure, qui aura mis le feu aux poudres. Les policiers, appelés une première fois, raisonneront l’homme qui partira de chez lui… pour revenir ivre quelques heures plus tard.
A la barre, il “avouera” ne se souvenir de rien. Maître Hubert Aoust, pour les policiers qui s’étaient portés partie civile, réclamera deux cents euros de dédommagement pour chacun des deux policiers. Le procureur évoquera une attitude d’ivrogne « incapable d’appréhender les conséquences de ses actes ». Il demandera quatre mois d’emprisonnement.
Maître Hélène Boulet, quant à elle, arguera du fait qu’il n’y a pas eu atteinte à l’intégrité physique des policiers. Et que son client n’a pas le profil d’un délinquant. Il écopera quand même de trois mois d’emprisonnement, avec mandat de dépôt à l’audience. Chaque policier recevra cent cinquante euros de dédommagement.

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