. Jamila M’Barek, dernière épouse d’Anthony Ashley-Cooper, comte de Shaftesbury, assassiné en 2004, revient devant les assises pour complicité d’assassinat.
. Lors de son premier procès, elle et son frère avaient été condamnés à 25 ans de prison.

– le 03/02/2009 – 18h25

Argent et sentiments seront mercredi au coeur du procès en appel devant les assises des Bouches-du-Rhône de Jamila M’Barek, dernière épouse d’Anthony Ashley-Cooper, dixième comte de Shaftesbury, riche aristocrate britannique assassiné en 2004, crime pour lequel elle est accusée de complicité. Jamila M’Barek, 48 ans, a été condamnée le 25 mai 2007 à 25 ans de réclusion criminelle par les assises des Alpes-Maritimes, tout comme son frère Mohamed M’Barek, reconnu coupable de l’assassinat du lord anglais, mais qui n’a pas fait appel.

Lors de ce procès, tous deux ont affirmé que Lord Shaftesbury, 66 ans, était mort accidentellement lors d’une querelle d’après-boire dans l’appartement de Jamila, le 5 novembre 2004 à Cannes. Son cadavre réduit à l’état de squelette avait été retrouvé en avril 2005, dans une décharge sauvage près de Théoule-sur-Mer (Alpes-Maritimes). Mais pour l’accusation, il s’agissait bien d’un assassinat programmé, avec l’argent pour mobile.

L’avocat de Jamila M’Barek plaidera l’acquittement

Jamila M’Barek, selon l’accusation, a aidé son frère à tuer son mari en l’attirant chez elle, en transportant le corps avec lui et en trouvant un lieu propice à l’abandon du cadavre. Elle n’a reconnu que tardivement avoir suivi son frère en voiture alors qu’il transportait le cadavre. Dans une écoute réalisée à son insu au parloir de la prison de Nice où elle était détenue, elle parlait aussi de 150.000 euros donnés après coup à son frère. Une semaine avant son mariage, le 28 octobre 2002, Lord Shaftesbury, croyant Jamila enceinte, avait rédigé un testament lui attribuant d’importants actifs immobiliers en Irlande et en France. Mais deux ans plus tard le comte, amoureux d’une autre femme cherchait à divorcer, ce qui aurait annulé le testament.

En première instance, elle avait protesté de son amour pour le comte : « j’aimais cet homme, il m’apportait beaucoup d’apaisement ». Mais le comte fréquentait les bars à hôtesses de Cannes, buvait sec, et l’accusée assure avoir consulté elle-même des avocats pour divorcer. Son avocat, Me Gérard Bismuth, compte plaider l’acquittement. Il ne peut y avoir de complicité puisqu’il n’y a pas eu, selon lui, de préméditation. Il souligne que le comte est mort par strangulation, un mode opératoire qu’il juge peu compatible avec la préméditation, et que le corps a été transporté en plein jour dans l’escalier et la cour de l’immeuble de Jamila. Verdict attendu le 13 février.

D’après agences

Toi, tu crois que tu es une bonne menteuse, mais tu peux te trahir aussi… » Naïma Ben M’Barek, la soeur de Jamila Ben M’Barek, 47 ans, condamnée à vingt-cinq ans de réclusion criminelle à Nice pour complicité dans l’assassinat de son mari Lord Anthony Ashley-Cooper, 66 ans, comte de Shaftesbury, le 5 novembre 2004 à Cannes, ne croyait pas si bien dire.

Elle est venue de Suisse rendre visite à sa soeur au parloir de la maison d’arrêt de Nice, le 31 mars 2005, alors que le corps de la victime n’a pas encore été découvert dans une décharge publique du vallon de la Rague à Théoule-sur-mer.

Les deux femmes pleurent et s’étreignent longuement puis elles vont converser une bonne demi-heure. Elles ignorent un détail capital : le juge d’instruction a fait « sonoriser » le parloir, c’est-à-dire qu’il a placé un magnétophone susceptible d’enregistrer les propos des protagonistes.

Chuchotements…

Cette conversation, le président de la cour d’assises d’appel d’Aix-en-Provence, Patrick Vogt, a décidé de la faire écouter publiquement hier à la cour et aux jurés. On y entend Jamila Ben M’Barek qui confie à sa soeur, dans un chuchotement, qu’elle a bien donné 150 000 euros cash à son frère Mohamed, auteur du « contrat » par étranglement contre son mari.

Il ne s’agit que de chuchotements, mais accablants pour l’accusée parce qu’ils laissent à penser qu’elle est complice et veut exclure tout caractère crapuleux et prémédité au meurtre d’Anthony…

Mes Franck De Vita et Gérard Bismuth ferraillent deux heures durant avec la partie civile incarnée par Me Philippe Soussi, mais les jurés ont comme l’impression qu’on veut leur faire prendre des vessies pour des lanternes.

Toute la matinée, à travers les lectures du président Vogt, ils ont eu droit aux diverses versions, approximations, contradictions et mensonges grossiers de Mohamed Ben M’Barek qui a dit tout et son contraire au fil des auditions pour tenter de se disculper.

Il a crié très fort pour protester de son innocence mais, comme le souligne l’avocat général Joaquim Fernandez, les chuchotements sont parfois plus éloquents…

François Rauger
Nice-Matin
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