mercredi 11 février 2009

Gildas Chasseboeuf.

Aline Lelièvre, 21 ans, est jugée, depuis hier, pour le meurtre de son enfant, en 2006, à Redon.La jeune femme a du mal à faire face à la réalité. L’accusation pointe ses contradictions.
RENNES. – « Je ne sais plus ». Aline Lelièvre, 21 ans, répète ces mots. Elle a eu du mal à affronter les regards, hier, au premier jour de son procès devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine. La jeune femme est jugée pour le meurtre de son fils David, 13 mois, en octobre 2006, à Redon. Le corps du petit garçon avait été découvert dans un étang. Aline avait d’abord parlé d’enlèvement, avant d’avouer le meurtre devant les gendarmes.

Elle pleure à la lecture des faits. Les cheveux bruns noués en arrière, vêtue d’un pull marron, elle est entrée dans le box soutenue par des béquilles. La jeune femme s’est fracturé une jambe en faisant du sport en prison. Aline est détenue depuis plus de deux ans à la centrale des femmes de Rennes. Les premiers jours en prison ont été éprouvants. Des détenues lui menaient la vie dure, parce qu’elle avait tué son enfant. Aline a tenté de mettre fin à ses jours en avalant du produit à vaisselle.

La situation s’est peu à peu rétablie. En prison, la jeune femme travaille, lit et écrit beaucoup. Des lettres à sa famille, ses amies et à d’autres détenus. Mais elle n’aime pas évoquer le meurtre. « Ça me fait trop mal d’en parler », concède l’accusée.

« J’avais du mal à assumer »

Interrogée par la présidente, la jeune Redonnaise évoque son enfance à Fégréac (Loire-Atlantique), ses difficultés à l’école, son apprentissage en restauration, son corps, qu’elle n’aime pas ¯ « je me trouvais trop forte ». Et les agressions sexuelles dont elle dit avoir été victime, mineure. L’avocat général, Catherine Denis, n’en croit pas un mot.

Aline invente des histoires, estime la magistrate. « C’est la vérité », rétorque la jeune femme, qui s’embrouille dans les dates et ne se souvient plus de rien. Sauf de Junior, un jeune homme rencontré à Redon. « J’étais amoureuse de lui. J’aimais tout, en lui. »

Quand elle découvre sa grossesse, Aline a 17 ans. Elle est « contente » et se persuade : c’est lui le père. L’enquête révélera qu’il s’agit d’un autre homme. Junior quitte la région avant la naissance de l’enfant. David naît le 11 septembre 2005. La maman, hébergée chez ses parents, donne l’image d’une mère heureuse, qui prend bien en charge son bébé.

Un an plus tard, elle veut voler de ses propres ailes. Aline, que les experts qualifient « d’immature », s’installe dans un logement HLM, à Redon. Elle s’ennuie quand David dort. « J’avais du mal à assumer. C’était difficile d’être seule », avoue-t-elle. La jeune femme, serveuse dans une cafétéria, commence à laisser son enfant sans surveillance. Pour berner son entourage, elle invente un personnage, « Noémie », une copine censée s’occuper du petit en son absence…

La présidente l’interroge longuement sur son emploi du temps du 24 octobre, six jours avant le crime. Ce soir-là, Aline rend visite à des copines. Elle ne revient chez elle que le lendemain, après le travail. « Vous avez laissé votre enfant seul pendant vingt heures », s’étonne la partie civile. Tête baissée, Aline sanglote. La suite du procès, aujourd’hui et demain.

Nathalie FLOCHLAY.

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