La défense de Khodorkovski appelle à mettre fin au procès

Mikhaïl  Khodorkovski et de l'ancien patron du groupe Menatep Platon Lebedev
Mikhaïl Khodorkovski et de l’ancien patron du groupe Menatep Platon Lebedev
16:45 05/04/2010
© RIA Novosti. Andrei Stenin
MOSCOU, 5 avril – RIA Novosti

La défense de l’ancien PDG de Yukos Mikhaïl Khodorkovski et de l’ancien patron du groupe Menatep Platon Lebedev, accusés lors d’un second procès du détournement de 350 millions de tonnes de pétrole, a estimé lundi que la justice moscovite devait clore immédiatement la procédure pénale.

« L’affaire doit être classée immédiatement et le procès arrêté. Tout d’abord, il n’y a pas de preuves de culpabilité des MM.Khodorkovski et Lebedev. Ensuite, le Parquet affirme qu’ils auraient volé le pétrole d’autrui, alors que la position officielle de la Russie exposée à la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) stipule que ce pétrole appartenait à Yukos. Ainsi, l’accusation contredit la logique et rend absurde le procès », a déclaré Karina Moskalenko, avocate de M.Khodorkovski.

MM.Khodorkovski et Lebedev avaient été condamnés en 2005 à huit ans de prison ferme pour escroquerie et évasion fiscale à grande échelle. Dans le cadre de leur second procès qui a débuté en mars 2009, ils sont accusés du détournement et de la revente illégale de pétrole pour une valeur de 900 milliards de roubles (21 milliards d’euros) entre 1998 et 2004.

Les deux anciens entrepreneurs, qui rejettent catégoriquement les accusations, risquent de voir leurs peines d’emprisonnement prolongées jusqu’à 22,5 ans.

L’affaire Yukos est régulièrement critiquée par la presse et la classe politique occidentale, qui y voit un procès inspiré par le Kremlin.

Mikhaïl Khodorkovski, le 31 mars 2009.

AFP/ALEXEY SAZONOV

Mikhaïl Khodorkovski, le 31 mars 2009.

Procès Ioukos à Moscou : la défense demande le témoignage de M. Poutine
LE MONDE | 05.04.10 | 16h30  •  Mis à jour le 05.04.10 | 16h30
Moscou Correspondante

n prison depuis sept ans pour escroquerie et évasion fiscale, Mikhaïl Khodorkovski, l’ancien patron de la société pétrolière Ioukos, et son associé Platon Lebedev comparaissent depuis plus d’an an devant le tribunal Khamovnitcheski de Moscou. Ils sont accusés d’avoir détourné et volé tout le pétrole produit par Ioukos et risquent jusqu’à 22 ans de prison. Lundi 5 avril, le procès entre dans une nouvelle phase, la parole étant désormais à la défense.

Les avocats des accusés voudraient voir citer à la barre plusieurs centaines de témoins, dont le premier ministre Vladimir Poutine, le ministre des finances Alexeï Koudrine, le directeur de la major publique Rosneft, Igor Setchine, et, parmi des centaines d’autres représentants du gotha pétrolier, les représentants de Total et de Shell à Moscou. Viendront-ils ? « Nous les attendons, nous avons des questions concrètes à leur poser », affirme Vadim Kliouvgant, l’un des avocats de Mikhaïl Khodorkovski.

Rien ne les oblige à venir témoigner, d’autant que la liste des témoins fournie par la défense n’a toujours pas été examinée par le tribunal. Si la procédure légale était respectée, chaque témoin devrait être accepté ou récusé, mais il n’en est rien. « Nous comprenons que les vraies décisions ne sont pas du ressort du juge », souligne l’avocat Iouri Schmidt.

Il y a cinq ans, les deux accusés avaient été condamnés parce que Ioukos, l’un des plus gros contributeurs au budget fédéral, avait omis de payer tous les impôts dus à l’Etat. Aujourd’hui, on leur reproche d’avoir volé tout le pétrole extrait par Ioukos. Les avocats sont perplexes. Comment Mikhaïl Khodorkovski peut-il avoir payé des impôts sur le pétrole produit et, en même temps, volé la production ?

ACCUSATIONS FALSIFIÉES

« Ioukos était soumise à des audits réguliers, ses comptes étaient transparents, les documents existent mais ils ont été mis sous le boisseau par l’accusation qui s’est bien gardée d’en produire un seul », déplore Me Schmidt. Le procès piétine. L’audition d’une cinquantaine de témoins de l’accusation n’a pas permis d’étayer l’argument du vol. Le crime n’existe pas, les accusations sont falsifiées.

Toute la procédure est cousue de fil blanc. Les témoins ont des trous de mémoire. Le procureur s’emmêle les pieds dans le tapis, produit un document à charge signé « Victoria Road », du nom de la rue londonienne où se situait le siège de la compagnie.

Autre moment savoureux : le juge a cru voir passer un document signé Karl Marx puis il a évoqué « Ioukos 01 » alors qu’il s’agissait de Ioukos Oil, etc. Pour finir, l’accusation a appelé à la barre les «  victimes » du vol de pétrole, soit les représentants de sociétés pétrolières telle Iouganskneftegaz, jadis la principale unité de production de Ioukos.

Or après l’arrestation de Mikhaïl Khodorkovski, Ioukos a été démantelée et Iouganskneftegaz a vite été captée par Rosneft. Le tribunal a donc entendu, en qualité de victime, un représentant de Rosneft alors que cette entreprise a été la première bénéficiaire du démantèlement de Ioukos !

Marie Jégo
Article paru dans l’édition du 06.04.10
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