Luc Frémiot, procureur de la République de Douai, accueille la nouvelle garde des Sceaux à son arrivée au palais de justice. Luc Frémiot, procureur de la République de Douai, accueille la nouvelle garde des Sceaux à son arrivée au palais de justice.

La Voix du Nord

Garde des Sceaux depuis moins de deux semaines, Michèle Alliot-Marie a choisi Douai pour son premier déplacement en province. Elle est venue se faire présenter, hier, le dispositif de réponse aux violences intrafamiliales initié par Luc Frémiot, le procureur de la République.

Souvent, un ministre veut être «  en prise avec le terrain, sentir le travail des magistrats » et ce n’est pas la première fois que Luc Frémiot est à l’honneur de cette manière, puisqu’en fin d’année dernière, Rachida Dati avait déjà rendu un hommage soutenu à son travail.

Il y avait cette fois un brin de curiosité en plus, aiguisé par ces pointes d’agacement laissées dans le sillage de Mme Dati. «  Comme c’est plus détendu ! », lâchait un magistrat douaisien au détour d’un couloir.

Surveillé à l’étranger

M. Frémiot, lui, n’a pas eu le temps de s’attarder sur la forme. Dans un exposé brillant, sans notes, avec juste sa connaissance du dossier et son enthousiasme, il a raconté à Mme Alliot-Marie comment lui est venue «  lors d’un procès devant les assises », l’idée de répondre aux violences intraconjugales par «  une prise en charge simultanée de l’auteur et de la victime ».

Et surtout, d’inverser cette injustice qui voyait «  des femmes partant la nuit, avec leurs enfants sous le bras, à la recherche d’une structure ou d’un ami qui tende la main ». Elles sont aujourd’hui maintenues à leur domicile et assistées d’une psychologue, pendant que leur compagnon violent est accueilli dans un foyer de SDF douaisien.

C’est ce foyer qu’a également visité Mme Alliot-Marie. mais elle ne s’est pas entretenue avec les hommes qui y sont placés, ce que certains d’entre eux ont regretté. C’est dommage, car ils lui auraient dit avec pudeur que leur situation fait réfléchir et qu’ils font ici un vrai travail sur eux.

Manifestement conquise, la ministre a indiqué que ce dispositif doit être encore repris dans d’autres juridictions. Il est même à l’étude dans certains pays étrangers, dit-on. « C’est bien la preuve de sa modernité », conclut-elle. •

ÉRIC DUSSART

PHOTO ÉMILIE DENIS

Pour son premier déplacement en province, Michèle Alliot-Marie salue le travail douaisien

mardi 07.07.2009, 04:51 La Voix du Nord

 Luc Frémiot, procureur de la République de Douai, accueille la nouvelle garde des Sceaux à son arrivée au palais de justice. Luc Frémiot, procureur de la République de Douai, accueille la nouvelle garde des Sceaux à son arrivée au palais de justice.

|  VIOLENCES INTRAFAMILIALES |

Garde des Sceaux depuis moins de deux semaines, Michèle Alliot-Marie a choisi Douai pour son premier déplacement en province. Elle est venue se faire présenter, hier, le dispositif de réponse aux violences intrafamiliales initié par Luc Frémiot, le procureur de la République.

Souvent, un ministre veut être «  en prise avec le terrain, sentir le travail des magistrats » et ce n’est pas la première fois que Luc Frémiot est à l’honneur de cette manière, puisqu’en fin d’année dernière, Rachida Dati avait déjà rendu un hommage soutenu à son travail.

Il y avait cette fois un brin de curiosité en plus, aiguisé par ces pointes d’agacement laissées dans le sillage de Mme Dati. «  Comme c’est plus détendu ! », lâchait un magistrat douaisien au détour d’un couloir.

Surveillé à l’étranger

M. Frémiot, lui, n’a pas eu le temps de s’attarder sur la forme. Dans un exposé brillant, sans notes, avec juste sa connaissance du dossier et son enthousiasme, il a raconté à Mme Alliot-Marie comment lui est venue «  lors d’un procès devant les assises », l’idée de répondre aux violences intraconjugales par «  une prise en charge simultanée de l’auteur et de la victime ».

Et surtout, d’inverser cette injustice qui voyait «  des femmes partant la nuit, avec leurs enfants sous le bras, à la recherche d’une structure ou d’un ami qui tende la main ». Elles sont aujourd’hui maintenues à leur domicile et assistées d’une psychologue, pendant que leur compagnon violent est accueilli dans un foyer de SDF douaisien.

C’est ce foyer qu’a également visité Mme Alliot-Marie. mais elle ne s’est pas entretenue avec les hommes qui y sont placés, ce que certains d’entre eux ont regretté. C’est dommage, car ils lui auraient dit avec pudeur que leur situation fait réfléchir et qu’ils font ici un vrai travail sur eux.

Manifestement conquise, la ministre a indiqué que ce dispositif doit être encore repris dans d’autres juridictions. Il est même à l’étude dans certains pays étrangers, dit-on. « C’est bien la preuve de sa modernité », conclut-elle. •

ÉRIC DUSSART

PHOTO ÉMILIE DENIS

2 réponses
  1. Déborah T.
    Déborah T. dit :

    Merci pour cet article mettant à l’honneur le Magistrat Luc Frémiot qui a en effet fair faire un grand pas à la justice française en matière de violence conjugale.

    Déborah T.

    Répondre
  2. nadia Hn
    nadia Hn dit :

    Enfin, le travail et les investigations d’un grand homme qui se bat pour une vraie cause :la lutte contre les violences qui est devenu son cheval de bataille est enfin reconnu !Cependant, pourquoi le gouvernement ne lui donne t-il pas les moyens matériels, humains et financiers pour permettre à ce grand magistrat de lutter contre les violences intra-conjugales?

    Répondre

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