AFP Jérôme RIVET
Le Français Michaël Blanc, condamné à la prison à vie pour trafic de drogue en Indonésie, a retrouvé l’espoir après avoir obtenu une remise de peine grâce à sa « bonne conduite » en prison.

La condamnation du cuisinier de 35 ans a été réduite à 20 ans par le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, a indiqué mercredi à l’AFP le porte-parole de la présidence, Dino Patti Djalal.

Cette décision a été prise en décembre 2008, avant d’être récemment notifiée à l’intéressé, « pour bonne conduite » et « sur recommandation du ministre de la Justice », a-t-il précisé.

La vie de Michaël Blanc avait basculé le 26 décembre 1999 lorsqu’il était arrêté à l’aéroport de Bali avec 3,8 kilos de haschich dans des bouteilles de plongée. Il a depuis toujours clamé son innocence et affirmé qu’un ami lui avait confié ce matériel.

Sa condamnation à une peine jugée extrêmement sévère avait provoqué une forte émotion en France, où une campagne de soutien avait été lancée, notamment à la télévision. Son cas a ensuite été traité dans la plus grande discrétion.

Le ministre indonésien de la Justice, Andi Matalatta, a expliqué à l’AFP que la remise de peine avait été accordée grâce à un « avis favorable » de la direction de la prison de Kerobokan, à Bali, où a été détenu pendant six ans le jeune Français. « Pour être éligible, un condamné à la peine de mort ou à la prison à vie doit présenter un bilan de bonne conduite pour les cinq dernières années », a-t-il expliqué.

« En neuf ans de prison, Michaël n’a jamais eu de problèmes de discipline », a affirmé mercredi sa mère, Hélène Le Touzey, qui s’est installée en Indonésie pour être à ses côtés. « Il a appris l’indonésien et parle avec tout le monde. Il semble bien apprécié par les autres détenus comme par le personnel pénitentiaire », selon elle.

Diplômé de l’école hôtelière de Chamonix, le jeune Français s’était rendu en 1999 à Bali avec l’envie de s’installer pour y trouver une activité liée à la plongée sur cette île très touristique.

Après son arrestation, il a été emprisonné durant six ans à Bali avant d’être transféré sur l’île de Java, où il est actuellement détenu dans une petite prison à Madiun (est). « Il dessine et fait de la musique mais le temps lui semble parfois très long », témoigne sa mère.

En 2007, Mme Le Touzey avait écrit une lettre à Nicolas Sarkozy, fraîchement élu, pour lui demander de ne « pas oublier » son fils. Le président français a depuis rencontré à plusieurs reprises M. Yudhoyono.

Il n’existe pas de convention de transfèrement entre les deux pays qui permettrait au condamné de purger sa peine dans son pays.

Le cas de Michaël Blanc n’est pas le seul à préoccuper la France en Indonésie. Serge Atlaoui, artisan soudeur de 45 ans, a été condamné à mort en mai 2007 pour avoir travaillé dans un laboratoire d’ecstasy. Paris a promis d' »engager toutes les démarches utiles » pour sauver du peloton d’exécution ce père de famille détenu sur l’île de Nusakambangan (sud de Java). Ses avocats prévoient de déposer prochainement une requête en révision.

Serge Atlaoui est le seul Français condamné à la peine capitale dans le monde, selon l’association Ensemble contre la peine de mort (ECPM).

Le sort des Français détenus à l’étranger est récemment revenu dans l’actualité avec l’affaire de Florence Cassez, condamnée à 60 ans de prison au Mexique pour participation à des enlèvements.

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