Compte rendu
LE MONDE | 30.09.09 | 16h24  •  Mis à jour le 30.09.09 | 16h24
New York Correspondant

Croquis représentant Najibullah Zazi lors de son procès à New York, le 29 septembre 2009.

AP/BEBETO MATTHEWS

Croquis représentant Najibullah Zazi lors de son procès à New York, le 29 septembre 2009.

es Etats-Unis ont-ils échappé à la « plus grave menace terroriste depuis le 11-Septembre » ? C’est la thèse qu’a défendue le procureur, mardi 29 septembre, devant le tribunal de Brooklyn (New York) où a comparu Najibullah Zazi, un afghan de 24 ans résident légal aux Etats-Unis, chauffeur de navette à l’aéroport de Denver (Colorado).

Des « preuves massives » de la volonté de commettre un acte de terrorisme seront présentées dans le cadre d’un procès à huis clos, a promis Jeffrey Knox, vice-ministre de la justice, qui a assuré que « cette conspiration a une dimension internationale ». Zazi a été inculpé, par un grand jury, de « complot (visant à) provoquer des destructions massives sur le territoire américain ». Il plaidera « non coupable », a indiqué son avocat.

Selon l’accusation, le jeune homme serait parti le 9 septembre de Denver pour New York à bord d’un véhicule de location, emportant un ordinateur dans lequel figuraient des instructions pour fabriquer une bombe avec de l’acétone et du péroxyde d’hydrogène. Ces deux produits permettent de fabriquer des explosifs du type de ceux trouvés dans les chaussures du terroriste Richard Reid (condamné à vie aux Etats-Unis en 2003) et des produits utilisés lors des attentats de Londres en 2005.

Selon l’accusation, trois personnes auraient aidé Najibullah Zazi à acheter ces produits à l’aide de cartes de crédit volées. Des fuites anonymes assurent que Zazi détenait aussi 14 sacs à dos qui auraient permis le transport des explosifs et une cassette vidéo sur Grand Central, la principale gare de New York. Le FBI a seulement déclaré que le « complot » visait « des lieux de transit » dans New York.

L’accusation affirme que Zazi recevait ses ordres de Peshawar, au Pakistan, et envisageait de commettre son forfait le 11 septembre, jour anniversaire des attentats d’Al-Qaida. Mais un imam de Brooklyn avec qui il était en contact, Ahmad Waïs Afzali, l’aurait informé de la surveillance qu’exerçait sur lui la police fédérale (FBI). Ce qui l’a conduit à renoncer à son projet et à rentrer de façon précipitée à Denver, le 12 septembre. Une semaine plus tard, considérant que la filature mise en place pour arriver jusqu’à ses complices avait été éventée, le FBI l’arrêtait.

Des dizaines de crédits

Inculpé de « mensonge » – ce qu’il conteste – Ahmad Waïs Afzali a été libéré sous contrôle judiciaire pour une caution de 1,5 million de dollars. Le père de Zazi, également accusé d’avoir « menti », a été libéré contre 50 000 dollars. Selon l’avocat d’Afzali, ce dernier, loin d’être partie prenante d’un « complot », collaborait en réalité avec la brigade antiterroriste de la police et était en contact avec Zazi à sa demande.

Selon l’accusation, Najibullah Zazi aurait contracté des dizaines de crédits, accumulant une dette dépassant 50 000 dollars avant son départ pour le Pakistan. Il y aurait séjourné « plusieurs mois ». Le FBI assure que Zazi aurait admis devant ses enquêteurs au Colorado avoir séjourné dans un camp d’entraînement au Pakistan.

L’avocat du prévenu a reconnu que son client s’était rendu dans ce pays, un acte « qui n’a rien d’illégal ». Il s’est étonné de ce que le procureur ne présente aucun complice de son client, un fait pourtant constitutif de l’accusation de « complot ». Il a imploré le juge de ne « pas précipiter le jugement », mais n’a pas demandé la libération sous caution de son client. Le juge new-yorkais Raymond Deatrie a ordonné le maintien en détention de Najibullah Zazi jusqu’à son procès. S’il est reconnu coupable, il encourt la prison à perpétuité.

Sylvain Cypel
Article paru dans l’édition du 01.10.09
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