MAM se défend de vouloir museler la justice

« Je veux que tous les soupçons soient levés, on ne pourra étouffer aucune affaire, il n’y a aucun risque », a assuré la garde des Sceaux.

La Ministre de la Justice, Michelle Alliot-Marie (AFP)

La Ministre de la Justice, Michelle Alliot-Marie (AFP)

Michèle Alliot-Marie dément mercredi 10 mars toute velléité de museler la justice, affirmant notamment que la magistrate Eva Joly était désormais préoccupée de « politique » et avait dit « énormément de bêtises ».
« C’est totalement faux, au contraire », a répondu sur iTélé la ministre de la Justice à une question sur la volonté prêtée au gouvernement de « museler » la justice et d’étouffer des affaires gênantes, par le biais de son projet de réforme de la procédure pénale.
Celui-ci prévoit de supprimer le juge d’instruction et de confier toutes les enquêtes aux procureurs, magistrats du parquet subordonné à la Chancellerie. Il instaure par ailleurs un « juge de l’enquête et des libertés », chargé de contrôler l’enquête des procureurs.

« Le ministre de la Justice a interdiction d’interdire »

Mardi, plusieurs milliers de professionnels de la justice ont manifesté à Paris et en province contre ce projet, et pour réclamer plus de moyens pour mener à bien leurs missions.
« J’entends leurs préoccupations », a déclaré Michèle Alliot-Marie, tout en estimant que les manifestants avaient été « peu nombreux mardi ». Dès qu’une réforme se profile dans la justice, « il y a des gens dans la rue », a-t-elle dit.
Mais « je veux que tous les soupçons soient levés (…), on ne pourra étouffer aucune affaire, il n’y a aucun risque », a-t-elle assuré, rappelant que dans son projet de réforme, « le ministre de la Justice a interdiction d’interdire d’ouvrir une enquête ».
La magistrate Eva Joly, eurodéputée d’Europe Ecologie (EE), avait estimé la semaine dernière à Nice lors d’un meeting, que la réforme de la procédure pénale était « une loi scélérate, indécente, anti-démocratique, dont l’unique objectif est de blanchir quelques amis du pouvoir ».
Interrogée sur ces déclarations, Michèle Alliot-Marie a répondu qu’Eva Joly avait « dit énormément de bêtises, comme si elle ne connaissait pas les choses ». « Mais je pense qu’elle a d’autres préoccupations aujourd’hui, qui sont des préoccupations politiques, et non pas des préoccupations juridiques », a-t-elle commenté.


(Nouvelobs.com)

NOUVELOBS.COM | 10.03.2010 | 11:05
___________________________________________________________________________________

Réforme pénale: MAM assure « entendre » les personnels de justice

AP | 10.03.2010 | 10:36

La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a défendu mercredi la réforme de la procédure pénale après la journée de grève de la veille, en assurant qu’elle entendait les difficultés des personnels judiciaires.

« Ce n’est pas parce que tous les professionnels de la justice sont peu nombreux à manifester ou à faire grève hier que je ne les entends pas », a-t-elle affirmé sur i>télé. « Toutes les réformes » menées par les précédents gardes des Sceaux ont provoqué des manifestations, a-t-elle souligné.

« La réforme fait peur (…) probablement aussi parce que les personnels de justice ne se sentent pas suffisamment reconnus dans toute notre société », a-t-elle jugé, estimant que son rôle était « de remettre les personnels de la justice au coeur du fonctionnement de nos institutions ». « Nous irons au bout en essayant d’avoir le meilleur texte possible, en écoutant tout le monde », a-t-elle ajouté, soulignant la « concertation » dans cette réforme, qui constitue une « révolution ».

« J’entends leurs difficultés quotidiennes liés au budget » de la justice, a assuré Michèle Alliot-Marie, rappelant toutefois que cela durait « depuis plus de 50 ans ». « Ça ne se rattrape pas du jour au lendemain », mais « je les écoute, nous essaierons d’améliorer la situation au fur et à mesure », a-t-elle promis.

Interrogée sur les critiques d’une justice aux ordres, du fait notamment de la suppression du juge d’instruction, Mme Alliot-Marie a démenti avec vigueur, souhaitant « que tous les soupçons soient levés » sur ce projet de loi.

Avec son « groupe de travail », elle a « veillé à ce qu’aucune affaire ne puisse être empêchée d’être ouverte, ceci parce que les parties civiles peuvent intervenir et qu’on ne pourra pas les en empêcher ». « Et si le procureur refusait, elles pourraient s’adresser au juge de l’enquête et des libertés qui peut obliger à ouvrir l’affaire », a plaidé la ministre.

De même, le garde des Sceaux ne pourra pas « interdire l’ouverture d’une affaire » et les droits de la défense seront garantis « mieux qu’aujourd’hui », a-t-elle assuré. AP

4 réponses
  1. llorca p.
    llorca p. says:

    Je confirme que dans certains cas, on n’a pas besoin de museler la justice, elle le fait très bien elle même…
    Exemple à Nîmes ou un juge d’instruction force l’admiration des parties civiles pour un PDG de filiale du groupe Lafarge qui s’est fait construire six maisons ( il l’a avoué au juge ) qui ne voit RIEN !!! Malgré les preuves et les aveux, RIEN !!! Il veut clore le dossier à tout prix par un non lieu. Ce scandale prendra fin tôt ou tard car la justice, la vraie existe et les éléments sont tels que ça va finir en scandale à force d’étouffer cette affaire qui implique la hiérarchie du groupe, ça vous étonne ? c’est une affaire scandaleuse ou les actionnaires se font voler et ou on couvre les auteurs…
    Tout ça éclaboussera, forcément…

    Répondre
  2. Papi émerveillé pour l'éternité par la justice
    Papi émerveillé pour l'éternité par la justice says:

    @rodeo – Peine perdue – les journalistes s’en tapent !

    La preuve, cette affaire visant à protéger la survie de deux canards nationaux, dans laquelle un juge défendant les intérêts du premier instruit dans une escroquerie impliquant le patron du deuxième, les deux échangeant leurs participations,
    Ca dure depuis 15 ans.

    C’est sur le bureau de Mam. Selon Alliot Marie et Guillaume Didier son porte parole, il paraît qu’il est impossible d’enterrer les affaires.
    Qu’ils le prouvent en rendant cette affaire publique, et en poursuivant politiques, haute hiérarchie et tous ceux intervenus pour cette « action concertée de nature à arrêter ou entraver le fonctionnement » de la justice.

    Répondre

Répondre

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.