Les déclarations de Daniel Sonnex, l’un des deux meurtriers présumés des deux étudiants français, évoluent. Il plaide coupable de cambriolage et de séquestration, mais nie toujours le meurtre

Daniel Sonnex (ici au moment de son arrestation) rejette  la faute sur son coaccusé. (photo maxppp)
Daniel Sonnex (ici au moment de son arrestation) rejette la faute sur son coaccusé. (photo maxppp)

Juste un mois après l’ouverture devant les assises de l’Old Bailey du procès des meurtriers présumés de Laurent Bonomo et Gabriel Ferez, les étudiants français tués l’été dernier à Londres, le représentant de l’accusation, Me Crispin Aylett, va présenter aujourd’hui son réquisitoire.

En terminant hier l’interrogatoire de Daniel Sonnex, 23 ans, l’un des deux accusés, qui était à la barre des témoins depuis quatre jours, il a donné à sa place la réponse à la question que se posent les parents de Gabriel et de Laurent, toujours présents à l’audience : pourquoi leurs enfants devaient-ils mourir pour une banale histoire de carte bancaire ?

« Vous étiez furieux »

« La réponse à cette question, monsieur Sonnex, est pathétique, a dit Me Aylettt. Ils sont morts parce que deux voyous, psychologiquement instables, sous les effets combinés de la drogue et de l’alcool, les ont tués par vengeance. Vous étiez furieux parce que le distributeur de billets avait avalé la carte de Gabriel, et vous pensiez qu’il vous avait donné sciemment un faux code. »

Pendant quatre jours, Daniel Sonnex a présenté à la barre des témoins le même numéro – « c’est pas moi, c’est l’autre » – qu’a joué juste avant lui son coaccusé, Nigel Farmer, 34 ans. Tous deux se rejettent mutuellement la responsabilité des meurtres.

Sonnex, comme avant lui Farmer, a dû répondre à quelques questions embarrassantes : « Êtes-vous quelqu’un qui peut froidement planter un couteau dans le dos d’un autre ? » « Oui », a-t-il rétorqué, contestant seulement avoir poignardé son adversaire dans le dos : il avait plaidé coupable dans cette affaire de mai 2002 – il avait 16 ans à l’époque – qui lui avait valu cinq ans de prison.

Après sa sortie de prison, pour trouver un travail, il est allé pointer au Job. Mais il n’a pas insisté et a repris avec Farmer une vie de « burglary » (cambriolage simple) et de « robbery » (cambriolage avec violence, lorsque des victimes sont impliquées) qui leur permettait de vivre et d’acheter de la drogue.

Il faut dire que la maison Sonnex, où Farmer était hébergé au moment des faits, était un des hauts lieux du banditisme local : le père a été condamné 47 fois, dont six à des peines de prison. Son frère aîné, Bernie, et sa soeur, Louise, sont aussi en ce moment détenus : le premier a été condamné 34 fois, dont 10 à des peines de prison, et la seconde est passée aux assises pour avoir défiguré une rivale dans un pub.

Véhément

Souvent véhément, au point que le juge a dû le rappeler au calme plusieurs fois, Sonnex a changé sa déposition originale en reconnaissant qu’il avait bien pénétré dans le studio de Laurent avec Farmer. Il a ligoté Gabriel pendant que Farmer maîtrisait Laurent. Pourquoi, puisqu’il prétendait avoir trouvé les deux étudiants gardés par Farmer dans un bain de sang lorsqu’il était revenu de son expédition pour aller chercher de l’argent avec leurs cartes bancaires, n’avait-il pas demandé à son complice ce qui s’était passé ? « He was hissing (il sifflait comme un serpent), il répétait « that’s naughty » (c’est mal) », a répondu Sonnex. « Et après, dans la journée, vous ne le lui avez pas demandé de nouveau ? » a insisté l’avocat.

Apparemment, non. Les jurés apprécieront

Auteur : Daniel Coulon
à Londres
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