Les femmes magistrats font la loi

Par François Koch, publié le 22/03/2010 à 18:00 – mis à jour le 22/03/2010 à 18:31

Tous les métiers du droit se féminisent. Mais pas à la même  vitesse. Si les magistrates pèsent déjà 57% du corps, les avocates ne  sont devenues majoritaires que l'an dernier.AFP/JOEL SAGET

Tous les métiers du droit se féminisent. Mais pas à la même vitesse. Si les magistrates pèsent déjà 57% du corps, les avocates ne sont devenues majoritaires que l’an dernier.

Les hommes représentent moins de 1 élève sur 4 à l’Ecole nationale de la magistrature. La chancellerie se penche sur ce déséquilibre. Faut-il le redouter?

Les hommes boudent de plus en plus l’entrée dans la magistrature. En un quart de siècle, leur proportion au sein de l’Ecole nationale de la magistrature (ENM) a chuté de moitié, passant de 46% à 23%. La situation est relativement récente. « Dans les années 1950 dominait l’idée que, sauf exception, les femmes étaient inaptes à la magistrature », analyse Anne Boigeol, chercheur au CNRS. Puis elles ont envahi les professions juridiques et judiciaires. Le mouvement se poursuivra, puisque, dans les facs de droit, deux tiers des étudiants sont des étudiantes.

Tous les métiers du droit se féminisent. Mais pas à la même vitesse. Si les magistrates pèsent déjà 57% du corps, les avocates ne sont devenues majoritaires que l’an dernier. Chez les notaires, la proportion de femmes a crû rapidement, sans pour autant dépasser 27%. Ce relatif désintérêt des hommes s’explique peut-être par leur goût pour le pouvoir et l’argent. D’ailleurs, les notaires, moins féminisés que les avocats, ont une rémunération 3 ou 4 fois supérieure.

Les femmes vont devenir plus nombreuses aux grades élevés

Et, dans la magistrature, les postes à haute responsabilité demeurent très majoritairement occupés par des hommes: à 72% pour les présidents de tribunal et à 83% pour les procureurs. Les candidats perçoivent bien que le pouvoir se déplace des fonctions du siège à celles du parquet. Pourtant, avec le départ en retraite des générations du baby-boom, mécaniquement, les femmes vont devenir plus nombreuses aux grades élevés. « Cela va poser des problèmes spécifiques aux tribunaux, avait déclaré Dominique Perben en 2003, alors garde des Sceaux, en raison de la difficulté qu’elles ont à concilier vie professionnelle et vie personnelle. » Une vision typiquement masculine!

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