Le vieil amant ne supportait pas la rupture

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Photo NR, Patrice Deschamps
Alain Moyer, encadré de deux policiers (au fond), hier, lors de son arrivée au tribunal.

Tours. En 2006, ce chauffeur de car amboisien avait tenté de tuer sa jeune maîtresse qui ne voulait plus entendre parler de lui.

Alain Moyer est un taiseux. Et, hier, pour la première journée de son procès devant la cour d’assises d’Indre-et-Loire, le public n’a guère eu l’occasion d’entendre le son de sa voix.
En mai 2006, ce chauffeur de car, aujourd’hui âgé de 61 ans, avait tenté d’assassiner sa jeune maîtresse demeurant à Amboise après avoir voulu, quelque temps auparavant, l’empoisonner.
Agriculteur à Montreuil-de-Touraine, Alain Moyer a progressivement quitté son premier métier pour prendre tout d’abord le volant d’un car de ramassage scolaire avant d’être affecté à des excursions lointaines. C’est ainsi qu’il avait fait la connaissance de la lycéenne alors âgée de 16 ans. Une liaison adultère qui allait durer seize ans et dont naquit un enfant sous X.
Sportif, ancien parachutiste, excellent tireur, élu deux fois conseiller municipal, Alain Moyer était un homme apprécié au sein de son cercle professionnel et amical, siégeant même dans plusieurs conseils d’administration. Et il put aisément entretenir cette liaison à l’insu de son épouse puisque des problèmes de santé engendraient chez lui des troubles de la sexualité.
De ce que l’on a deviné hier, la jeune fille se montrait très amoureuse, couvrant son amant de cadeaux alors qu’il manifestait une certaine passivité tout en affirmant qu’il ne quitterait jamais son épouse.
Prenant tardivement conscience de cette réalité, la jeune femme manifesta, début 2006, sa ferme intention de rompre. Une idée qu’Alain Moyer, miné par des soucis de santé et des problèmes administratifs relatifs à sa retraite, ne put supporter.
Après avoir harcelé sa maîtresse, il voulut tout d’abord l’empoisonner en injectant un insecticide très actif dans une bouteille d’eau. N’étant pas parvenu à ses fins, l’accusé fit irruption chez elle, armé d’une carabine chargée, d’un pistolet lui aussi approvisionné tout en portant une cartouchière copieusement garnie. Après avoir échappé à trois coups de feu puis à un passage à tabac en règle, la victime était sur le point de succomber à un étranglement lorsque les gendarmes, alertés par des passants, pénétrèrent dans la maison.
Face à l’expert psychiatre, Alain Moyer ne s’est guère plus livré qu’à l’audience, « se montrant particulièrement défensif et fuyant sur les faits criminels. Autoritaire et dominateur, il s’est abrité derrière des arguties pour expliquer son comportement ».
Et, au terme de sa garde à vue, s’est plaint aux gendarmes « de ne pas avoir mangé à l’heure ».
Suite des débats aujourd’hui et verdict dans la soirée.

Michel Embareck

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