Le plus gros coffee shop des Pays-Bas est au cœur d'un procès

LEMONDE.FR avec AFP | 03.11.09 | 15h12  •  Mis à jour le 03.11.09 | 15h12

Le plus gros coffee shop des Pays-Bas est au cœur d'un procès pour trafic de drogue qui s'est ouvert mardi 3 novembre à Middelburg.

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Le plus gros coffee shop des Pays-Bas est au cœur d’un procès pour trafic de drogue qui s’est ouvert mardi 3 novembre à Middelburg
e plus gros coffee shop des Pays-Bas, qui fournissait jusqu’à 3 000 clients belges et français par jour, est au cœur d’un procès pour trafic de drogue qui s’est ouvert mardi 3 novembre à Middelburg. Dix-sept prévenus, dont le propriétaire du « Checkpoint », situé à Terneuzen, à la frontière belge, absent mardi, sont poursuivis pour trafic de drogue et appartenance à un groupe criminel organisé.

Quelque 200 kilos de cannabis avaient été saisis par la police en 2007 et 2008 dans le coffee shop et des bâtiments voisins. La politique de tolérance néerlandaise permet aux coffee shops de stocker jusqu’à 500 grammes de cannabis et de vendre jusqu’à cinq grammes de cette drogue douce par jour et par personne. « La question est de savoir si les conditions posées par la politique de tolérance ont été violées », a déclaré la présidente, Saskia Meeuwis, à l’ouverture de l’audience.

Le « Checkpoint », qui possédait une licence municipale depuis 1995, s’était développé rapidement après son déménagement en 2006 en bordure du centre-ville. A sa fermeture en mai 2008, il accueillait jusqu’à 3 000 clients par jour, essentiellement belges et français. « Il fallait prendre un ticket numéroté pour se faire servir, comme au bureau de poste », a noté la juge Meeuwis. Selon l’accusation, l’établissement a rapporté à son propriétaire, Meddy Willemsen, 58 ans, plus de 27 millions d’euros entre 2006 et mai 2008.

Les Pays-Bas ont décriminalisé en 1976 la possession et la consommation de moins de cinq grammes de cannabis. Mais les coffee shops sont approvisionnés par des groupes criminels, qui contrôlent la culture et la vente en gros, interdites. Sur les dix-sept prévenus qui comparaissent libres dans ce dossier, dont le propriétaire, le gérant et des producteurs de cannabis, un seul s’est présenté mardi, un livreur présumé âgé de 37 ans.

Il a expliqué à l’audience avoir livré au « Checkpoint » environ deux kilos de cannabis tous les quinze jours, entre juin 2007 et mars 2008, qu’il achetait à des producteurs locaux. Les prévenus, qui encourent jusqu’à dix ans et demi de prison, sont également poursuivis pour exportation de drogue pour avoir vendu du cannabis à des étrangers qui l’ont emporté dans leur pays. Le jugement doit être prononcé le 2 décembre.

La politique de tolérance des autorités néerlandaises est remise en cause, notamment par les maires qui se plaignent des nuisances générées par les millions de touristes de la drogue qui passent la frontière chaque année. En septembre, le gouvernement avait annoncé le dépôt, avant la fin de l’année, d’un projet de loi visant à rendre plus difficile l’achat de cannabis par les touristes dans les coffee shops, qui « doivent devenir plus petits et exclusivement orientés vers le consommateur local ».

Dans les communes de Roosendaal et Bergen-op-Zoom, proches de la frontière belge, la vente de cannabis est interdite depuis le 16 septembre. D’autres villes frontalières, comme Maastricht, veulent limiter, à partir de janvier 2010, l’accès à leurs coffee shops aux seuls détenteurs d’une carte de membre, qui ne pourront plus acheter que trois grammes maximum de cannabis.

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