La justice française reporte sa décision sur un détenu iranien

Par Reuters

PARIS – La décision sur la demande de libération conditionnelle d’un Iranien emprisonné en France depuis plus de 18 ans pour l’assassinat de l’ancien Premier ministre iranien Chapour Bakhtiar en 1991 a été ajournée mercredi au 9 mars, apprend-on de source judiciaire.

La décision sur la demande de libération conditionnelle d’un Iranien emprisonné en France depuis plus de 18 ans pour l’assassinat de l’ancien Premier ministre iranien Chapour Bakhtiar en 1991 a été ajournée mercredi au 9 mars. (Reuters/Charles Platiau)

Le tribunal d’application des peines de Paris, qui s’est déplacé à la prison de Poissy (Yvelines), où l’homme est détenu, a suivi les réquisitions du procureur de Paris.

Ce dossier est devenu politique car il est lié au sort de Clotilde Reiss, jeune universitaire soupçonnée d’espionnage et retenue en Iran depuis juillet dernier, sur fond de tensions entre Paris et Téhéran sur le programme nucléaire iranien.

« Les juges (français-NDLR) attendent la décision administrative concernant l’expulsion éventuelle de M. Vakili Rad vers son pays« , a-t-on expliqué de source judiciaire.

La libération du détenu, si elle est prononcée, serait en effet assortie d’une expulsion immédiate vers l’Iran.

Ali Vakili Rad a été condamné à la prison à perpétuité en 1994. Il est éligible à une libération conditionnelle car il a purgé la peine de sûreté de 18 ans prononcée par la cour d’assises de Paris.

Cette affaire, qui progresse en parallèle avec celle de Clotilde Reiss, alimente l’hypothèse d’un possible échange entre Paris et Téhéran, demandé par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad mais refusé par Nicolas Sarkozy.

Ali Vakili Rad a reconnu lors de son procès avoir été envoyé par le régime iranien en France pour participer avec d’autres hommes, jamais arrêtés, au meurtre de Chapour Bakhtiar le 6 août 1991 à Suresnes (Hauts-de-Seine). Ce dernier était réfugié en France depuis la révolution islamique de 1979.

La cour d’appel de Paris doit se prononcer par ailleurs le 17 février sur un autre cas susceptible d’intéresser Téhéran, celui de Majid Kakavand, un ingénieur arrêté en mars 2009 à l’aéroport de Roissy.

Les Etats-Unis réclament son extradition et lui reprochent d’avoir acheté sur internet des produits électroniques, ce qui viole selon Washington l’embargo commercial qu’il impose à l’Iran. Le parquet général demande un complément d’information.

L’ingénieur iranien a purgé cinq mois de détention et est actuellement libre sous contrôle judiciaire.

Le contentieux franco-iranien est compliqué par l’existence d’un précédent. En 1987, le retour en Iran avec l’aval d’un juge français d’un interprète soupçonné de participation à des attentats, Wahid Gordji, avait déclenché une tempête politique.

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