LE MONDE | 11.02.10 | 14h59  •  Mis à jour le 11.02.10 | 14h59
Pékin Correspondant
Shang Baojun, l'avocat du dissident chinois Liu Xiaobo, parle aux médias le 11 février 2010, à Pékin.

REUTERS/NIR ELIAS
Shang Baojun, l’avocat du dissident chinois Liu Xiaobo, parle aux médias le 11 février 2010, à Pékin.
Les pressions internationales n’ont rien changé et la Chine a continué jusqu’au bout à faire la sourde oreille : la condamnation à onze ans de prison du dissident chinois Liu Xiaobo, 54 ans, a été confirmée en appel par une cour de Pékin, jeudi 11 février. Arrêté en décembre 2008 puis condamné le 25 décembre 2009 pour « subversion du pouvoir d’Etat », le rédacteur de la célèbre Charte 08 paie le prix fort pour avoir été l’un des principaux inspirateurs de ce texte demandant une démocratisation du système politique de la République populaire de Chine.

La confirmation de la sentence infligée à cet intellectuel et professeur de littérature, déjà emprisonné à deux reprises après sa participation au mouvement de Tiananmen, en 1989, a été condamnée par les Etats-Unis et l’Union européenne (UE). Jeudi, l’ambassadeur américain à Pékin, John Huntsman, a fait savoir dans un communiqué que « nous croyons que Liu Xiaobo n’aurait pas dû être condamné du tout et devrait être relâché immédiatement. La persécution d’individus exprimant de manière pacifique leurs idées politiques est en contradiction avec les normes internationales du respect des droits de l’homme ».

Un porte-parole de la délégation de l’UE en Chine a déclaré, le même jour, que celle-ci demandait elle aussi la « libération inconditionnelle » du dissident.

La justice chinoise a, en ce moment, la main particulièrement lourde contre tous ceux qui osent remettre en question la primauté du Parti communiste ou d’en critiquer de manière trop virulente les excès. C’est le cas de l’activiste et écrivain Tan Zuoren, condamné, mardi, à cinq ans de prison. Arrêté en 2009 alors qu’il enquêtait sur la mort des milliers d’écoliers écrasés dans leur établissement scolaire durant le tremblement de terre du Sichuan, en 2008, M. Tan a été condamné pour avoir critiqué la répression contre les étudiants de Tiananmen, il y a plus de vingt ans…

Enquête sur la corruption

Mais son enquête sur la fragilité des écoles, conséquence de la corruption locale des cadres du parti, a irrité le pouvoir, qui s’était rapidement efforcé, au lendemain du séisme, d’empêcher toute enquête et toute protestation liées à cette polémique.

En novembre 2009, un autre militant des droits de l’homme, Huang Qi, avait été condamné à trois ans de prison pour « divulgation de secrets d’Etat », alors qu’il soutenait la colère des parents d’élèves après la mort de leurs enfants durant ce tremblement de terre qui a coûté la vie à plus de 80 000 morts, le 12 mai 2008.

Bruno Philip
Article paru dans l’édition du 12.02.10
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