AP

Le procès de sept prévenus, accusés de détournement de fonds dans le cadre de l’exploitation des vedettes qui effectuent la ligne maritime entre Marseille et les îles du Frioul, s’est ouvert lundi matin devant le tribunal correctionnel de Marseille.

Les mis en cause répondent de « banqueroute, blanchiment en bande organisée, faux et usage de faux, extorsion de fonds, travail dissimulé et association de malfaiteurs ».

Ouverte en juillet 2005 à la suite d’un contrôle fiscal, l’enquête pénale a permis de mettre au jour des ventes fictives de bateaux, l’utilisation de prête-noms, une vaste fraude et des méthodes de gestion qualifiées de « mafieuses » par les enquêteurs. Le 21 mars 2006, les huit bateaux appartenant au Groupement des armateurs côtiers marseillais (GACM), contrôlé par deux familles marseillaises, les Pipolo et les Crescioni, avaient été saisis par les gendarmes sur le Vieux-Port.

Le juge d’instruction a estimé le montant des détournements réalisés entre 1996 et 2005 à plus de 16 millions d’euros. Les investigations ont révélé « l’existence d’un patrimoine mobilier et immobilier considérable au regard de leurs revenus officiels », avec des biens à Cannes et au Maroc, des sociétés offshore domiciliées aux Iles Vierges Britanniques, au Luxembourg et à Gibraltar, ainsi que des véhicules de luxe.

Pour l’occasion, la défense a fait citer dix-neuf témoins, parmi lesquels des personnalités marseillaises de premier rang, dont le sénateur-maire UMP Jean-Claude Gaudin. L’élu a toutefois indiqué dimanche dans un communiqué qu’il ne se rendrait pas au tribunal. « Ma présence ferait courir le risque de donner à cette affaire une agitation politico-médiatique qui ne paraît pas nécessaire à la sérénité des débats », a-t-il répliqué. L’humoriste Patrick Bosso et les frères Eric et Jean-Marie Cantona devraient être en revanche présents dans l’après-midi comme témoins de moralité au procès.

La défense, qui sera représentée par Mes Gilbert Collard et Eric Dupond-Moretti, entend dénoncer « une concurrence déloyale qui a pris la forme d’une exécution judiciaire ». La chute du GACM avait abouti à l’arrivée sur le Vieux-Port du groupe Veolia, très soutenu par la mairie. Les bateaux avaient été vendus 500.000 euros, alors que la défense estime leur valeur globale à plus de cinq millions d’euros.

Au cours du procès, le tribunal revisitera quarante ans d’histoire maritime autour du Vieux-Port et la façon dont deux familles aux méthodes de gestion contestables se sont appropriées, au fil des ans, le marché des traversées vers les îles du Frioul.

Un parrain marseillais a été entendu dans le cadre de la procédure, un expert-comptable devenu artisan échafaudeur figure parmi les sept prévenus et un commissaire de police, accusé de violation du secret professionnel, suspendu depuis, sera jugé ultérieurement. Les prévenus risquent jusqu’à dix ans de prison. AP

2 réponses
  1. costa gerard
    costa gerard dit :

    Je voie comme toujours depuis des années que le pot de terre à toujours tord devant le pot de fer, à ll’époque des rois comme aujourd’hui sous le Réplubique Francaise.
    Ma question , c’est pourquoi suprimé deux familles de 40 années sur la deserte du Frioul qui ne demander aucune subvention à la Mairie de Marseille, et aujourd’hui VEOLIA avec des subvrntions pour la ligne Frioul -Vieux Port.
    Ma réponse est quant ont veux se débarrasser de son chien on dit qu’il à la râge, et là c’est la même histoire pour les deux famiilles Marséillaise.

    Répondre
  2. Atika
    Atika dit :

    Merci pour ce compte rendu d’un procès qui a l’air passionnant.

    Comme l’internaute précédent on se demande si à la suite de ce procès si ça changera vraiment ou si cela sera la même chose mais subventionné par l’Etat !

    Répondre

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.