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Le procès des dix personnes en situation irrégulière jugées devant le tribunal correctionnel de Paris pour l’incendie du Centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes le 21 juin 2008 n’a pas vraiment pu débuter lundi.

La présidente Nathalie Dutartre a décidé de suspendre l’audience jusqu’à mardi, l’avocate d’un des prévenus ayant demandé le changement de composition des juges. La présidente était juge d’instruction en 2005 lorsqu’elle a traité une autre affaire concernant l’un des prévenus.

Pour le procureur Gilbert Flam, « il n’y a pas de problème d’impartialité ». « Cela a été écarté par la cour européenne des droits de l’Homme » mais il y a un « ressenti » du prévenu, a-t-il dit. Les juges doivent décider de poursuivre ou non en l’état, mardi, lors de la reprise de l’audience, à 13h30.

Auparavant, elle avait déjà été suspendue pendant près de deux heures dans une ambiance électrique. Un des détenus en situation irrégulière avait été arrêté et placé en garde à vue alors qu’il tentait de se rendre au tribunal. Il a fallu attendre qu’il arrive.

A la reprise, ce sont les nombreux membres du public qui n’avaient pas pu prendre place dans la salle d’audience qui se sont fait entendre en scandant « la justice à huis clos » devant des gendarmes visiblement tendus.

Les dix prévenus doivent répondre de leur implication présumée dans l’incendie et le saccage du CRA de Vincennes, le plus grand de France. Ils n’étaient que six lundi dans la salle d’audience. Tous nient avoir participé à l’incendie. Mais selon l’ordonnance de renvoi, les caméras de vidéosurveillance en ont filmé certains qui pénétraient dans une chambre où avaient été entassés des matelas et des draps ; l’un d’eux était muni d’un torchon enflammé.

Ces dix étrangers originaires d’Afrique noire et du Maghreb ont été renvoyés par le juge d’instruction Alain Nguyen, qui a suivi le réquisitoire du parquet, pour « destruction de biens par incendie » et « violence volontaire sur agent de la force publique ». L’un d’entre eux est actuellement détenu alors que deux autres sont sous mandat d’arrêt.

L’incendie du CRA serait lié à une manifestation de protestation organisée au lendemain du décès dans sa chambre d’un Tunisien de 41 ans qui était en rétention.

Cet incendie avait créé une polémique à la suite des propos du porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre qui avait accusé les « collectifs type RESF » de « provocations » aux abords de ces centres. « C’est le coup classique du pyromane qui crie au feu et dénonce des innocents », avait répondu le collectif Réseau éducation sans frontières.

Le procès devait initialement se poursuivre jusqu’à mercredi. AP

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