|  COUR D’APPEL DE SAINT-OMER |

Au terme d’une délibération de trois heures, la cour d’appel de Saint-Omer a confirmé hier soir la peine infligée en première instance, à Douai, à Manuel Comin, 48 ans. Cet homme originaire de Quarouble a été condamné à dix ans de réclusion pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur la personne de sa concubine, Catherine Delière, 40 ans, comptable à l’IME de Denain. L’homme n’avait cessé de clamer son innocence pendant les deux jours du procès (lire notre édition d’hier)… …

« C’est la dernière ligne droite. Est-ce que vous voulez une suspension de séance pour rassembler vos souvenirs et nous éclairer ? » 11 h 50 hier matin, le président Schaffhausen s’adresse à Manuel Comin. « J’ai toujours cette image : je suis dans le salon et je vois Catherine sauter », a répondu M. Comin. Et de répéter et redire encore : dans la soirée du 6 au 7 octobre 2006 à Valenciennes, dans l’appartement qu’il partageait avec Catherine Delière, il y a bien eu une dispute entre la jeune femme et lui. Mais bien avant 1 h 50, heure à laquelle cette maman d’une petite fille de 5 ans a été retrouvée, la tête en sang, au pied de l’immeuble. Pourquoi y a-t-il eu dispute ? Qu’a dit la jeune femme avant la chute ? « Mais je ne sais plus ! », a martelé Manuel Comin, fortement alcoolisé, comme sa compagne, ce soir-là.

Corinne qui fut compagne de Manuel Comin pendant treize ans, puis de Carine, son amie aujourd’hui, enceinte sont ensuite venues témoigner. La seconde a décrit cet homme comme étant gentil, attentionné. Corinne avait donné la même description, ajoutant qu’elle n’avait pas retrouvé dans le procès d’assises de Douai l’homme qui avait partagé sa vie, le père de sa fille. « Vous croyez que l’on peut changer à ce point ? Moi non. C’était de l’acharnement contre lui », a-t-elle expliqué, émue, à la barre.

Vinrent ensuite les plaidoiries. Les parties civiles rappelèrent à quel point Catherine Delière était appréciée de son entourage familial et professionnel, et combien sa fille l’aimait. L’avocat général, Hugue De Phily, a pour sa part insisté sur l’aspect narcissique de la personnalité de l’accusé, au regard des rapports du psychologue et du psychiatre. Et d’insister : « Il est intelligent (…) mais il a beaucoup de choses à cacher : naufrage professionnel, relations troubles avec les femmes. Il en parle comme des objets de consommation sexuelle. Il ne reconnaîtra jamais quel était l’objet de la dispute, on n’aura jamais de mobile, mais il a fait preuve d’impulsivité cette nuit-là ». L’avocat général a requis onze ans de réclusion criminelle.

Ensuite, maître Pètre-Renaud, avocate de la défense, en une heure trente de plaidoirie, s’est attachée avec force à souligner les doutes qui planent autour de la soirée, des faits mais aussi de l’enquête, certains relevés de preuves n’ayant été réalisés que deux jours après les faits.

MARTINE KACZMAREK

samedi 03.10.2009, 05:02 La Voix du Nord

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