PARIS (AFP) — Aucun des geôliers d’Ilan Halimi durant ses trois semaines de séquestration « n’a imaginé une fin fatale » pour le jeune juif, qui sera retrouvé mort le 13 février 2006 en région parisienne, a affirmé mardi Me Didier Seban, avocat de l’un d’eux au procès du « gang des barbares ».

A la veille de la fin des débats, vraisemblablement mercredi midi après les dernières paroles de Youssouf Fofana et de ses 26 coaccusés, les plaidoiries de la défense se terminaient mardi avec les cas des ravisseurs et tortionnaires présumés les plus sévèrement visés par le réquisitoire de l’accusation.

Me Seban, qui défend un des geôliers contre lequel 13 ans de réclusion ont été requis, a affirmé que « pour aucun d’entre eux on allait vers la mort d’Ilan », selon ce qu’il a ensuite rapporté à l’AFP.

Le procès se tient à huis clos depuis le 29 avril devant la cour d’assises des mineurs de Paris.

« Aucun d’entre eux n’a imaginé une seconde une fin fatale pour Ilan. On juge les faits au regard de cette fin fatale. Mais si Fofana (chef du « gang ») avait fait ce qu’il leur avait dit qu’il ferait, s’il avait libéré Ilan, le procès ne serait pas le même aujourd’hui », a ajouté l’avocat.

De nuit, après 24 jours de séquestration dans une cité HLM de Bagneux (Hauts-de-Seine), Fofana avait emmené seul son otage dans un lieu isolé où il lui avait porté des coups fatals et brûlé son corps après l’avoir aspergé d’un liquide inflammable. Il a reconnu les faits lors du procès.

Lors des plaidoiries, plusieurs avocats de la défense ont mis en avant « la loi des cités selon laquelle on ne dénonce pas » pour expliquer qu’aucun des complices de Fofana n’ait brisé le silence pendant 24 jours, a encore indiqué Me Seban.

« C’est une logique de bandes qui règne dans ces territoires abandonnés de la République, on fait partie du même monde, on se protège les uns les autres », a-t-il expliqué.

La peine maximale –la perpétuité avec 22 ans de sûreté– a été requise le 30 juin contre Fofana. Ses 26 coaccusés ont été visés par des réquisitions allant de la prison avec sursis jusqu’à 20 ans pour les deux complices jugés les plus actifs, sans compter deux acquittements.

Fofana, coutumier des provocations, a refusé mardi que ses deux avocats commis d’office plaident pour lui. Il devrait s’exprimer lui-même mercredi matin.

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1 réponse
  1. Ultré Outra
    Ultré Outra dit :

    Après avoir récusé tous ses avocats, il refuse que les commis d’office plaident…

    Bêtise à l’état pur ou volonté de faire parler de lui jusqu’à l’indécence ?

    En tout cas ce drame aura été écoeurant jusqu’au bout.

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