Chroniqueur judiciaire, écrivain

LE MONDE | 01.09.09 |

Auteur, chroniqueur des grands procès pour le magazine Vanity Fair, Dominick Dunne est mort mercredi 26 août à New York, à l’âge de 83 ans, des suites d’un cancer. On avait pu lire ses comptes rendus piquants, mêlant souvent reportage et mondanités, des procès à sensation de Claus von Bulow, accusé du meurtre de sa femme, une riche héritière, des frères Erik et Lyle Menendez, meurtriers de leurs parents, ou encore de William Kennedy Smith, neveu du sénateur Ted Kennedy accusé de viol.

En 1994, il s’était dit convaincu de la culpabilité de la vedette sportive O. J. Simpson, finalement acquitté du meurtre de son ex-épouse Nicole et d’un ami. En septembre 2008, déjà malade, il s’était rendu à Las Vegas (Nevada) afin de suivre le procès pour vol à main armée qui a conclu à l’incarcération de Simpson, condamné à quinze ans de prison, un verdict qu’il attendait.

Récemment, il avait suivi les deux procès du producteur de musique Phil Spector, qui purge une peine de dix-neuf ans de prison après sa condamnation pour le meurtre d’une jeune actrice.

Dominick Dunne est né le 29 octobre 1925, à Hartford (Connecticut) dans une famille aisée de six enfants. L’un de ses frères était l’écrivain John Gregory Dunne, disparu en 2003, époux de la romancière et essayiste Joan Didion. Il a débuté à la télévision, puis il produit plusieurs longs métrages pour le cinéma, The Boys in the Band (1970), de William Friedkin, The Panic in Needle Park, de Jerry Schatzberg, avec Al Pacino (1971), Play It as it Lays de Frank Perry, avec Anthony Perkins (1972), et Ash Wednesday, de Larry Peerce, avec Elizabeth Taylor et Henry Fonda (1973). Mais sa carrière de producteur hollywoodien fut interrompue par ses abus de drogue et d’alcool.

Devenu sobre, il s’était mis à écrire quand, en 1982, sa fille Dominique, âgée de 22 ans, a été étranglée par son petit ami. Tina Brown, rédactrice en chef de Vanity Fair, lui proposa de tenir le journal du procès, qui deviendra Justice : A Father’s Account of the Trial of His Daughter‘s Killer (« Justice : un père raconte le procès du meurtrier de sa fille »). Le coupable obtint les circonstances atténuantes et fut condamné à une peine de prison légère. « Si je n’avais pas tenu ce journal, je serais devenu fou, expliquait Dominick Dunne. Ce que j’ai vu dans ce tribunal m’a empli d’une rage que seule l’écriture pouvait contenir. »

Ce sentiment d’injustice incita l’auteur à soutenir passionnément les victimes, et marqua le début d’une nouvelle carrière, qui lui vaut d’être présenté par le Cambridge History of Law in America comme « un des meilleurs chroniqueurs des crimes fameux et des procès impliquant des célébrités. » Il présentait aussi le programme, « Power, Privilege and Justice » (Pouvoir, privilège et justice) sur la chaîne Court TV.

PROCÈS EN DIFFAMATION

« C’est la seule personne qui écrit sur la haute société depuis l’intérieur de l’aquarium », affirme Tina Brown. Ses sujets sont ses amis, comme Elizabeth Taylor ou Gloria Vanderbilt, et c’est à lui que l’ancienne First Lady des Philippines, Imelda Marcos, en exil, accorde un entretien en exclusivité. Son livre Une saison au purgatoire (J.-C. Lattès, 1994, réédité au Livre de poche, comme tous ses autres romans traduits en français), va rouvrir le dossier de l’assassinat, en 1975, d’une jeune fille de 15 ans à Greenwich, Connecticut, qui aboutit à la condamnation, de Michael Skakel, neveu d’Ethel Skakel, veuve de Robert F. Kennedy.

L’usage imprudent de sources lui valut quelques procès en diffamation, dont celui gagné par Gary Condit, député de Californie, qu’il avait impliqué dans la disparition, en 2001 à Washington, d’une stagiaire avec qui celui-ci avait une liaison.

On a comparé Dominick Dunne à Truman Capote pour ses portraits acides des milieux qu’il fréquentait. Ami d’Alfred et de Betsy Bloomingdale, il raconta la liaison du mari avec une femme victime d’un meurtre, dans un roman à clé, Une femme encombrante (An Inconvenient Woman), devenu un best-seller.

Pour l’honneur des Grenville (The Two Mrs. Grenvilles), paru en 1985, fut son premier succès de librairie. Son obsession pour l’affaire O. J. Simpson lui inspira Another City, not My Own, un roman paru en 1997. Son autobiographie (1999) s’intitule The Way We Lived Then. Son dernier roman, Too Much Money doit paraître en décembre.

Claudine Mulard
4 réponses
  1. instagram
    instagram dit :

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