Le 6 septembre dernier, le prévenu rentre d’un repas entre chasseurs. A Laurens, dans un tournant, il s’assoupit au volant de son véhicule tout-terrain. Il mord sur la ligne médiane, se déporte vers la gauche. En face, une voiture arrive. A son volant, une mère de famille de deux enfants. La malheureuse ne survit pas à la terrible collision frontale.
« Ce sont les tonneaux de son véhicule qui l’ont réveillé. Ensuite, les gendarmes lui ont annoncé qu’il avait tué une jeune femme. C’est un taiseux, mais ce qu’il a vécu ce jour-là le marquera toute sa vie, » explique M e Frédéric Simon, l’avocat du prévenu.
La prévention initiale, homicide involontaire et conduite sous l’empire d’un état alcoolique, va être dénoncée par M e Simon. Il a demandé en effet un délai afin que son client

subisse une contre-expertise. Cinq jours après l’analyse de sang qui a révélé un taux d’alcoolémie délictueux, le nouveau rapport corrige à la baisse la quantité d’alcool dans le sang.
« Alors que la vindicte s’alarme de l’alcoolémie, qu’une radio m’appelait pour faire la publicité de ce drame, tout le village de Saint-Pons-de-Thomières dont il est originaire, sa famille, ses amis, ses voisins, son employeur, son médecin, va attester en sa faveur. C’est un père de famille modèle, un homme pondéré, en couple depuis vingt ans qui travaille et ne boit pas. Il ne s’agit en aucun cas d’un chauffard ; il a encore tous ses points sur son permis et n’a jamais eu de procès-verbal de circulation. » Et l’avocat d’expliquer « que tout un chacun pourrait se retrouver à la barre et aurait pu vivre ce drame de la vie. Moi-même, en revenant de Montpellier sur l’autoroute, je me suis assoupi et j’ai été réveillé par le bruit de la bande d’urgence. » Le vice-procureur Joël Garrigue requiert un an d’emprisonnement assorti du sursis et une suspension de son permis de conduire pendant un an : « Du sursis parce qu’il n’y a pas d’alcoolémie ; mais la voiture est la seule arme de destruction massive accessible à n’importe qui. Il faut rappeler la gravité de prendre le volant quand on n’est pas en pleine possession de ses moyens. » Le tribunal a disqualifié la prévention en homicide involontaire par imprudence et négligence mais sans circonstances aggravantes. Il a condamné le prévenu à un an d’emprisonnement assorti du sursis, à trois mois de suspension de son permis de conduire et à 150 € d’amende pour la contravention de franchissement de la ligne blanche.

Compte-rendu d’audience Annick KOSCIELNIAK
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