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Dominique Cosme, un médecin niçois jugé pour l’assassinat d’un associé par injection de tranquillisant il y a 13 ans, a été acquitté aujourd’hui par la cour d’assises des Alpes-Maritimes. Le médecin de 63 ans, qui avait conclu les débats des sanglots dans la voix en réaffirmant son innocence, comme invariablement depuis 1996, a paru très ému à l’ennoncé du verdict.Celui-ci est conforme au réquisitoire de l’avocat général Eric de Montgolfier qui avait surpris la cour en refusant de demander la condamnation de l’accusé, compte-tenu de ses doutes sur sa culpabilité.

« Il n’est pas dans ma fonction d’aller au-delà de ce que me dit ma conscience. J’ai juste un profond regret pour les enfants de la victime qui attendent depuis 13 ans une réponse que la justice n’a pu leur donner mais mon regret serait encore plus grand si j’avais requis une condamnation dont je pense qu’elle n’a pas lieu d’être prononcée », avait-il conclu son réquisitoire.Pascal Vito, 48 ans, concepteur, financier et véritable « patron » du laboratoire d’analyses médicales de Nice dans lequel l’accusé avait des parts, avait été découvert mort le 28 février 1996, dans une annexe du laboratoire, plusieurs heures après avoir reçu du Dr Cosme une injection d’un puissant tranquillisant.

Tout au long de son réquisitoire, M. de Montgolfier a remis en question les éléments qui constituaient les points centraux de l’accusation, suggérant que le suicide de la victime, Pascal Vito, ne pouvait être totalement exclu, pas plus que l’homicide involontaire.L’avocat général n’a pas non plus semblé convaincu que l’intérêt financier ait pu conduire Dominique Cosme à assassiner Pascal Vito, même s’il a reconnu que l’accusé avait pu en retirer un bénéfice matériel –devenant un des véritables responsables du laboratoire–, voire moral car il sortait aussi de la « tutelle » de Vito, personnalité écrasante.

« Je suis rentré dans ce dossier convaincu de la culpabilité de Dominique Cosme mais ne sachant pas très bien comment j’allais la démontrer, aujourd’hui je suis sûr que je ne peux pas la démontrer et je ne suis même pas sûr d’en être convaincu », avait reconnu M. de Montgolfier.Pour les parties civiles, au contraire, « tous les chemins mènent à Cosme » dans ce dossier, avait plaidé l’un des avocats Me Olivier Le Maux.

Des chemins qui ont été plus que sinueux durant 13 ans puisque, après le refus d’un premier juge de poursuivre l’instruction de ce dossier dans lequel Dominique Cosme a d’abord été mis en examen, en 1997, pour homicide involontaire, un second juge l’avait renvoyé devant un tribunal correctionnel. Le tribunal correctionnel avait refusé de le juger en 2002 estimant que les faits étaient de nature criminelle, entraînant une reprise de l’instruction et un renvoi de Dominique Cosme devant les assises pour assassinat.

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par Yves LEBARATOUX

Un médecin devant la cour d’assises 06

Gérant d’un laboratoire d’analyses médicales, il est accusé d’avoir assassiné par injection de sédatif son associé

Dominique Cosme, 63 ans, a toujours nié avoir tué Pascal Vito, concepteur, financier et véritable « patron » du laboratoire du Pont Neuf, un établissement niçois alors florissant. Il a présenté à l’audience son associé comme son « frère« , avec lequel il partageait une même « situation de naufragé« .

Le 28 février 1996, Pascal Vito, 48 ans, est découvert mort dans une annexe du laboratoire. Les experts détectent dans son corps une quantité considérable d’Equanil, un puissant tranquillisant.

A l’audience, Dominique Cosme a décrit des relations de complémentarité et d’entraide entre lui et son associé, qui avaient l’un et l’autre échoué dans leur vie privée et se retrouvaient autour d’un verre pour parler de philosophie. « On était les +sans famille+ du Pont Neuf. C’est terrible de se retrouver à cinquante ans comme deux couillons. On avait notre monde à nous. On oubliait notre situation de naufragés« , a expliqué Dominique Cosme.

Pascal Vito était dépressif, cyclothymique, instable, « déconnecté« , dit Cosme. Le 27 février 1996, il vient trouver Dominique Cosme, selon les dires de ce dernier, et lui demande de lui faire une injection d’Equanil pour le soulager. « Il allait mal, très mal. Il ne supportait plus son enveloppe charnelle« , dit Cosme. Le médecin lui fait alors une injection d’Equanil correspondant, toujours selon sa version, à un cinquième de l’ampoule. Mais il procède par intraveineuse, alors que ce médicament doit être injecté par voie intramusculaire profonde sous peine de mettre en danger la vie du patient.

Interrogé par le procureur Eric de Montgolfier sur les raisons de ce choix, par intraveineuse au lieu de l’intramusculaire, Dominique Cosme répond : « le médecin est libre de sa prescription. Le (dictionnaire médical) Vidal n’est pas une référence« , dit-il, précisant qu’à faible dose l’Equanil peut être injecté par intraveineuse.

Dans le corps de Vito, les experts ont trouvé une dose supérieure à cinq fois celle que Cosme affirme avoir injectée. Selon des témoins, Vito manipulait Cosme et le traitait de façon ouvertement cavalière, allant même jusqu’à se servir occasionnellement de lui comme chauffeur. « J’aimais rendre service« , a expliqué l’accusé. Autre motif de tension : Vito, flambeur invétéré, ponctionnait lourdement les caisses du laboratoire pour assurer son train de vie. Après sa mort, Dominique Cosme aurait dit, selon un témoin, que « les pratiques de mafieux, c’était terminé » et que les chèques dorénavant c’était lui qui les prenait.

A l’audience, il s’est dépeint comme un scientifique, un homme dégagé de l’intendance : pour tout ça, « je faisais confiance à Pascal« , a-t-il dit. Le procès devrait durer toute la semaine. Dominique Cosme risque la réclusion criminelle à perpétuité.

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2 réponses
  1. claude
    claude dit :

    dans cette affaire les juges d’instruction se sont avérés fort incompétents ou solidaires d’un franc maçon ?? , le procureur quant a lui a surpris tout le monde , soit il a voulu se faire de la pub, soit il a été nul ou lui aussi complice de l’accusé disant à l’insu de son plein gré ??
    l’accusé a reconnu avoir fait l’injection, a menti sur la dose injectée et les jurés l’acquittent ???? sa femme très intéressé semble moins innocente qu’il ne paraît ? pourrez t’ elle avoir influencé Mr. Cosme, possible mais l’enquête n’a rien révélè ??
    la justice française ne sort pas grandi, le parquet de Nice encore moins !
    bravo à Mr. le Procureur, les enfants de la victime doivent être écoeurés

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