Par A.Gu. (avec agence) le 03 mai 2010 à 11:17

Marwan Arbache, soupçonné d’avoir voulu vendre des données confidentielles de Michelin à son concurrent japonais Bridgestone en 2007, comparaît en correctionnelle à Clermont-Ferrand.

Quand deux grands groupes concurrents se mettent à travailler main dans la main pour coincer un espion, cela donne l’affaire Arbache. Responsable de la division poids lourds Europe chez Michelin depuis sept ans, Marwan Arbache avait démissionné fin mars 2007. Dans son ordinateur, il emportait alors des tas de documents et de données ultra confidentielles du numéro un mondial du pneumatique. Quelques mois plus tard, en juillet 2007, cet ingénieur de 34 ans prend contact par mail avec Bridgestone, premier fabricant japonais de pneus et un des principaux concurrents de Michelin. Il leur propose d’échanger des données confidentielles sur la fabrication d’un nouveau pneu pour poids lourds contre100.000 livres sterling (environ 115.000 euros).

Plutôt beau joueur, Bridgestone avait aussitôt alerté Michelin. Sous le nom de Fukuda, les responsables de la sécurité du manufacturier clermontois se sont substitués aux Japonais pour tendre un piège à leur ancien salarié. Pendant que, sous le nom  de Pablo de Santiago, Marwan Arbache appâtait ses interlocuteurs en envoyant des extraits de documents, « Fukuda » s’employait à cerner sa véritable identité. Michelin a ensuite déposé une plainte, suivie d’une enquête et de l’interpellation d’Arbache le 9 janvier 2008.

Un simple jeu ?

Tout au long de l’instruction, Michelin a fait valoir auprès du juge d’instruction que la fuite de secrets industriels de première importance, tel un nouveau procédé de fabrication de pneus de poids lourds, destiné à leur assurer une plus grande longévité, aurait pu lui causer un grave préjudice. Le jeune homme est mis en examen pour « livraison à une entreprise étrangère de renseignements dont l’exploitation, la divulgation ou la réunion est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation« , ainsi que « violation des secrets de fabrique et abus de confiance« .

L’avocat clermontois de Marwan Arbache, Me Gilles-Jean Portejoie, met quant à lui en avant que « Michelin n’a subi aucun préjudice », puisque aucun document n’est tombé entre des mains étrangères, ce qui évite à son client de comparaître devant une cour d’assises, assurant que ce dernier « ne serait pas allé jusqu’au bout », parce que c’était « pour lui une sorte de jeu« . Le procès se tiendra cet après-midi devant tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand. Le jugement devrait être mis en délibéré dans la soirée. Marwan Arbache encourt dix ans de prison et jusqu’à 150 000 euros d’amende.

Par A.Gu. (avec agence) le 03 mai 2010 à 11:17
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