Le juge Is dirigeait, hier, les débats.

Ce jour-là, le destin s’est peut-être acharné. Le 9 novembre 2000, un jeune intérimaire de 24 ans était victime d’un accident du travail sur le site de l’entreprise Bosch. Accident qui aura provoqué de lourdes séquelles physiques et psychologiques , à commencer par clou er la victime dans un fauteuil roulant. Mais ce n’est surtout pas une histoire de fatalité, pour le procureur Eric Camous. « C’est plutôt toute une chaîne d’événements, avec des responsabilités qui s’additionnent… Il faut comprendre ce qui aurait pu être fait et qui ne l’a pas été. » L’a udience au tribunal correctionnel, hier, aura permis d’en savoir plus sur l’enchaînement des faits le jour de l’accident. Pour déplacer une de ses machines-outils à l’intérieur du site d’Onet-le-Château, l’entreprise Bosch a fait appel à Trans Rouergue Manutention. Laquelle a confié la mission à deux de ses employés, dont un intérimaire. Ils ont utilisé un chariot élévateur, pour l’essentiel de la manoeuvre. Arrivé sur les derniers mètres, l’étroitesse de l’allée ne permettait plus le passage du convoi. La machine à déplacer mesurait 3 mètres sur 1,8 de large. Les deux manutentionnaires ont alors utilisé un système de crics et de platines roulantes pour terminer le trajet. C’est alors que le chef d’équipe a demandé à son collègue de glisser un cric au centre de la machine. Le tout s’est déséquilibré, affaissé et blessera l’intérimaire qui s’est retrouvé coincé une demi-heure dessous, écrasé sous son poids. « On ne m’avait pas donné de consigne particulière » a-t-il précisé au cours de l’audience. Et personne n’avait lu la notice de la machine à transporter, alors même qu’elle contenait de judicieuses informations pour la déplacer sans risque. Et pour cause, Gluth, l’entreprise allemande fabricante de la machine ne l’avait pas fournie.
Le substitut du procureur a réclamé la condamnation de Trans Rouergue Manutention , de Bosch et de Gluth, à des peines d’amende respectives de 15 000 €, 10 000 € et 5 000 €. La responsabilité du chef d’équipe de Trans Rouergue Manutention et du responsable de l’entreprise ont également été retenues en tant que personnes physiques : le parquet a suggéré 5 000 euros d’amende pour le premier et 3 000 avec sursis pour le second. La victime demande par ailleurs 300 000 euros d’indemnisation. Le jugement sera rendu le 23 septembre.

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