09.09.09 | 17h45

Un tribunal belge a autorisé trois élèves à porter le voile dans leur école en Wallonie (sud), malgré un règlement local l’interdisant, alors qu’en Flandre (nord) le Conseil d’Etat pourrait exiger la « clarification » d’une situation qui varie d’une école à l’autre.

Le tribunal de première instance de Verviers (sud-est) a autorisé mardi trois musulmanes de 9 et 10 ans à fréquenter avec leur voile les écoles communales de Dison, une localité proche de Verviers où vit une nombreuse population d’origine immigrée, a rapporté l’agence Belga.

Et ce malgré le règlement de ces écoles, qui interdit tout « couvre-chef » à l’intérieur de leurs locaux.

En dépit de cette décision du tribunal, les trois fillettes se sont à nouveau vues refuser mercredi l’entrée de leur école, selon Belga.

La liberté qu’ont, en Belgique, les directeurs d’établissement d’autoriser ou non le port du voile est également remise en cause en Flandre (nord), en particulier à Anvers, où plusieurs manifestations ont eu lieu depuis la rentrée devant deux lycées publics ayant décidé d’interdire le port du foulard à partir du 1er septembre.

Une lycéenne, qui avait introduit la semaine dernière une plainte devant le Conseil d’Etat contre cette décision, a obtenu une première victoire, selon la presse belge.

L' »auditeur » (rapporteur) de la plus haute juridiction administrative belge a estimé mardi que les directions d’école n’avaient pas le droit de prendre ce type de décision, prérogative relevant selon lui de l’administration centrale, qui chapeaute quelque 700 écoles publiques en Flandre.

A l’heure actuelle, un tiers de ces écoles interdisent le foulard, un autre tiers l’autorisent, tandis que le règlement du troisième tiers ne stipule rien sur la question, selon le quotidien néerlandophone De Standaard.

La décision du Conseil d’Etat, d’abord annoncée pour ce vendredi, « ne sera pas rendue avant mardi 15 septembre », a indiqué jeudi un porte-parole de la juridiction administrative, sans être en mesure d’indiquer de date précise.

Si elle suit l’avis de son « auditeur », la décision du Conseil d’Etat obligera les autorités à adopter une position uniforme sur une question qui divise l’opinion, estime De Standaard.

Jusqu’ici, les responsables politiques francophones et néerlandophones se sont bien gardés de trancher, laissant les chefs d’établissement fixer la norme, au nom de leur connaissance du terrain.

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