20 ans pour le meurtre de son père
Le vendredi 24 janvier 2025, la Cour d’assises du Maine-et-Loire a rendu son verdict : Michèle Nourry a été reconnue coupable du meurtre de son père et condamnée à vingt ans de réclusion criminelle. Ce procès, marqué par des révélations troublantes et une défense contestée, a captivé l’opinion publique.
Découverte macabre à Chavaignes
En décembre 2021, le corps de Paul Nourry, 75 ans, est découvert dans un puits proche de sa maison à Chavaignes, une petite commune du Maine-et-Loire. Les autorités, alertées par le maire suite à l'inquiétude d'un proche, trouvent le corps à une dizaine de mètres de profondeur. L'autopsie révèle que la mort est due à des violences infligées avant la chute, orientant rapidement l'enquête vers une piste criminelle.
Un procès au cœur d’un drame familial
Dès l’ouverture du procès, les débats se sont concentrés sur la personnalité complexe de l’accusée et la nature des relations avec son père, Paul Nourry, décrit par l’avocat général comme un "individu toxique, violent et délinquant sexuel". Malgré ces éléments, le représentant du ministère public a rappelé que "l’interdiction absolue de tuer s’applique aussi aux salauds", soulignant ainsi la gravité des actes commis.
Une défense contestée
L’avocat de la défense, Maître Jérémy Kalfon, a plaidé pour une requalification des faits, arguant que Michèle Nourry n’avait pas d’intention homicide. "Si je vous donne une gifle et que vous tombez, ce n’est pas pour autant un acte meurtrier", a-t-il illustré. Cependant, la gravité des violences subies par la victime a pesé lourd dans la balance judiciaire.
Une peine atténuée par une altération du discernement
Les experts psychiatriques ont mis en avant un trouble de la personnalité borderline, influencé par un passé familial chaotique. Toutefois, ils n’ont pas retenu l’abolition du discernement, mais une simple altération au moment des faits. Ce facteur a permis de modérer la sévérité de la peine.
Les réactions après le verdict
L’avocat de la défense a estimé que la sanction était "extrêmement sévère", soulignant que l’attitude de sa cliente avait probablement influencé la décision des jurés. De leur côté, les parties civiles, représentées par Maître Nicolas Orhan, ont exprimé une satisfaction mitigée, regrettant le manque d’aveux de l’accusée.
"Le besoin de justice des enfants passait par des aveux de l’accusé. On a été frustrés." – Maître Orhan.
Un cas rare dans la justice française
Les meurtres par descendants commis par des femmes sont extrêmement rares. Selon une étude de l’INSEE parue en 2021, ces affaires représentent une infime minorité des crimes jugés en cour d’assises. Ce procès restera ainsi un cas marquant dans l’histoire judiciaire française.
L’affaire Michèle Nourry, au-delà de son verdict, pose une question centrale : jusqu’où peut-on aller dans la vengeance ou la défense face à un passé traumatique ? Si la justice a tranché, ce dossier continue d’interroger sur la frontière entre responsabilité criminelle et séquelles psychologiques profondes.