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Quatre personnes, dont un ancien prêtre de 52 ans en poste à l »évêché de Metz, comparaîtront jeudi et vendredi devant le tribunal correctionnel de Nancy (Meurthe-et-Moselle) pour proxénétisme. Client régulier de prostituées et de clubs échangistes, l »homme d »église est accusé d »avoir mis en relation l »une d »entre elles, âgée de 23 ans, avec un réseau dirigé par une mère maquerelle d »origine sénégalaise déjà condamnée par le passé dans une affaire similaire.

Le prêtre, qui a désormais quitté l »église après avoir été démis de ses fonctions, encourt une peine de sept ans de prison et 150.000 euros d »amende.

Grâce à un renseignement anonyme, les gendarmes de la section des recherches de Metz se sont intéressés en janvier 2009 à un appartement de Talange (Moselle) où des jeunes femmes, contactées via des sites internet intitulés « perlenoire54 », « les perles », « nicepearlnet » etc., proposaient des massages mais également des rapports sexuels selon des tarifs variant de 70 à 300 euros.

Les écoutes téléphoniques et les surveillances ont permis d »identifier « Madame Hortense », une Française d »origine sénégalaise de 42 ans établie à Ugny (Meurthe-et-Moselle), qui prenait les rendez-vous et gérait l »agenda d »une douzaine de prostituées.

Celles-ci se déplaçaient chez des clients ou dans des hôtels en Lorraine mais également en région parisienne, en Belgique, au Luxembourg et même à Dubaï à la demande d »un client. Selon les gendarmes, cette mère de deux enfants, « gérante de société », percevait une commission allant de 30% pour les filles les plus demandées à 50% pour celles ayant moins de succès…

Placée en garde à vue le 29 juin 2009 avec son mari, soupçonné de complicité, et un autre comparse chargé des sites internet, slotsonlinecasino.fr « Madame Hortense » a reconnu avoir monté ce réseau de prostitution pour faire face à une situation financière difficile due notamment à la construction onéreuse de la maison familiale. Son mari a avoué percevoir de 3 à 4.000 euros de revenus mensuels grâce à leur petite entreprise. Me Dominique Rondu, l »un des avocats de l »organisatrice présumée, fait aujourd »hui valoir que ces jeunes femmes n »étaient pas contraintes de se prostituer et ne subissaient aucune violence de la part de l »organisatrice du réseau.

En septembre 2006, cette dernière a déjà été condamnée à 18 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d »amende pour proxénétisme alors qu »elle tenait un salon de massage « Hortensia bien-être » à Jouy-aux-Arches (Moselle). Aujourd »hui, en situation de récidive légale, cette femme est poursuivie pour « proxénétisme aggravé » en raison notamment de la prostitution de plusieurs personnes et l »utilisation d »internet. Elle encourt une peine de dix ans de prison et 1.500.000 euros d »amende.

Les gendarmes ont également interrogé l »un des clients réguliers du réseau, un prêtre, responsable économe du Grand séminaire de Metz, gérant d »un restaurant et membre du Rotary, de l »Automobile club et d »un club de cigare…

Après avoir rencontré sur internet en mars 2009 une prostituée de 23 ans prénommée « Morgane », il l »aurait alors mise en relation avec « Madame Hortense ». Après avoir tenté de convaincre les enquêteurs qu »il avait voulu aider cette jeune femme en détresse, mère d »une fillette de 2 ans, à intégrer un inoffensif salon de massage, il a finalement reconnu avoir fait une « bêtise ».

Dans son téléphone portable, les gendarmes ont trouvé les photos d »une femme nue attachée sur un lit ainsi que les coordonnées téléphoniques de prostituées et de salons de massage. Après avoir admis que l »abstinence sexuelle lui pesait, le prêtre a assuré vouloir se reprendre en main et consulter un médecin. AP

AP