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Deux femmes policiers jugées pour la mort d'un homme au commissariat

NOUVELOBS.COM | 11.02.2009 | 12:47

Les deux policières comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour « violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence » dans la prise en charge de la victime.

(Reuters)

(Reuters)

Deux femmes policiers comparaissent, jeudi 12 février, devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour « homicide involontaire » après la mort par « asphyxie » d’un homme au commissariat de Sevran (Seine-Saint-Denis) en 2006.
Il leur est reproché à chacune une « violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence », en l’occurrence des défauts d’instructions dans la prise en charge de la victime, un homme de 31 ans au passé toxicomane secouru en état de délire paranoïaque et violent envers lui-même.

Mort par « asphyxie »

Haouari A. était mort le 26 juillet 2006 deux heures après avoir été conduit au commissariat pour une vérification d’identité avant une probable hospitalisation dans un service spécialisé. Il aurait fait au moins deux crises de démence au poste.
L’autopsie a conclu à une mort par « asphyxie ». La victime avait également le larynx fracturé. Alors que la victime se frappait la tête contre le sol, des policiers lui avaient mis un casque de moto sur la tête « pour le protéger ».
A 13h40, ne le voyant plus bouger, ils avaient appelé les pompiers, qui constataient son décès peu avant 14h30.
Les policiers avaient été appelés à son domicile vers 12h00 par des voisins. Enfermé dans ses toilettes, l’homme appelait à l’aide et « se croyait poursuivi par des tueurs cachés dans les gaines », avait expliqué après sa mort une source judiciaire.

« Une erreur technique »

« Il y a probablement eu une erreur technique dans un geste de maîtrise de cette personne lorsqu’elle a été maintenue au sol », avait expliqué une source policière en septembre 2006.
Les deux agents renvoyés devant la 14e chambre correctionnelle, âgées de 31 et 34 ans, étaient respectivement à l’époque officier de police judiciaire de permanence et chef de poste. Quatre autres policiers placés sous le statut de témoin assisté ne sont pas poursuivis devant le tribunal. Tous avaient été mutés dans d’autres commissariats.