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Francesco « Sandokan » Schiavone, chef du clan mafieux Casalesi, en juillet 1998 lors de son arrestation à Casal di Principe, en Italie

(AFP) –

ROME — La cour de Cassation italienne a confirmé vendredi la condamnation à perpétuité de 16 membres du clan des Casalesi, le plus puissant de la camorra napolitaine, dans le cadre du procès « Spartacus », au terme de 15 ans de procédure, a indiqué l’agence Ansa.

Après quatre heures de délibération, la première section de la plus haute cour italienne a rendu définitive les peines de réclusion à perpétuité prononcées contre le chef du clan Francesco « Sandokan » Schiavone, 55 ans, incarcéré depuis 1998 dans une prison de haute sécurité, son ex-bras droit Francesco Bidognetti et les « boss » Michele Zagaria et Antonio Iovine. Zagaria s’était fait construire une villa inspirée de Scarface incarné à l’écran par Al Pacino.

Le procès a été surnommé Spartacus par la direction anti-mafia en hommage à l’esclave qui dirigea une rébellion contre l’empire romain et pour symboliser la résistance de l’état de droit à la puissance des clans mafieux.

Les accusés ont été condamnés pour leur implication dans une série de violents règlements de compte dans les années 80 et 90 entre clans pour le contrôle de Casal di Principe et de nombreuses activités illégales (chantiers de construction, commerce de ciment, extorsions et autres trafics).

Le procès a rencontré de nombreux obstacles et il avait fallu sept ans pour aboutir à des condamnations en première instance confirmées en juin 2008 en appel.

Il s’agit d’une cinglante défaite pour les Casalesi, décimés récemment par une série d’arrestations et de décisions de certains boss de collaborer avec la justice. Mais le clan n’a pas disparu, selon les experts.

C’est l’écrivain Roberto Saviano qui, avec son succès planétaire « Gomorra » a attiré l’attention sur le clan des Casalesi, le plus puissant clan camorriste. Saviano vit depuis 2006 sous escorte policière.

Les Casalesi, un cartel criminel enraciné à Casal di Principe, dans la province de Caserte, avaient étendu leur emprise sur tout un territoire au prix d’une guerre qui a fait 1.000 morts en 30 ans.

Le procès « Spartacus » a été le plus important par le nombre d’accusés et la gravité des peines encourues, depuis le « maxi-procès » contre la mafia ouvert en 1986 à Palerme.

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AP

Deux trafiquants de drogue internationaux, déjà condamnés la semaine dernière à 18 ans de prison pour avoir mis en place un réseau entre l’Espagne, le sud-est de la France et l’Italie, ont été condamnés dans la nuit de vendredi à samedi, par la cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône, à des peines de 22 et 25 ans de réclusion pour deux assassinats et un meurtre sur fond de rivalités au sein de leur équipe.

Les magistrats ont en outre assorti leur décision d’une mesure de sûreté des deux tiers. L’avocat général Nicolas Bessone avait requis des peines de 28 et 30 ans.

Jean Ruimi, dit « Yeux bleus », et Jean Romera, dit « Le boucher », étaient accusés d’avoir fait disparaître, au mois de mai 2002, un Italien, Antonio Montemurno, qui leur devait de l’argent. Il s’était fait attraper en possession de 4,2 kilos de cocaïne, d’une valeur sur le marché parallèle de quelque 147.000 euros. Ils se voyaient aussi reprocher la mort de Daniel Barnabon, un garagiste marseillais réputé trop curieux de leurs affaires, ainsi que le meurtre de Georges Daoud, dit « Jo le Libanais », un de leurs complices mortellement touché par un projectile lors du règlement de comptes visant Daniel Barnabon, le 22 mai 2002.

Le procès s’était notamment traduit mardi par l’audition d’un témoin capital, Lenard Eshalom, un Irakien de 31 ans, ex-trafiquant de drogue, aujourd’hui boulanger aux Etats-Unis, qui avait témoigné en visioconférence depuis Phoenix (Arizona) et renouvelé ses accusations à charge contre les deux hommes. AP

Un croquis de tribunal qui montre John Gotti Junior (2g), parrain présumé de la mafia new-yorkaise, lors de l’audience du 1er décembre 2009.

AFP/Shirley Shepard
Par RFI

Le procès de John Gotti Junior, fils de l’un des grands « parrains » de la mafia new yorkaise, a été une nouvelle fois annulé. Il était poursuivi pour extorsion de fonds et assassinats. Son père avait déjà, en temps, défrayé la chronique judiciaire, par sa capacité à échapper à la justice qui lui avait valu le surnom de «Don Teflon».

Avec notre correspondante à Washington, Donaig Le Du

C’est la quatrième fois en cinq ans que le juge doit se résoudre à déclarer l’annulation d’un procès visant John Gotti Junior. Poursuivi cette fois pour extorsion de fonds et assassinats, il est donc ressorti libre de la salle d’audience. Il bénéficie en cela des règles du code de procédure pénale américain, qui prévoit que, lorsque le jury populaire ne parvient pas à l’unanimité, le procès est tout simplement annulé.

Quatre fois en cinq ans, cela commence à faire beaucoup pour celui qui prétend avoir quitté la Cosa nostra en 1999. L’accusation estime, au contraire, que John Gotti Junior a pris la succession de son père et laisse depuis des années dans son sillage de nombreux morts et les victimes de ses rackets en tous genres.

Son père aussi, le célèbre parrain new-yorkais John Gotti, avait réussi pendant des années à échapper aux poursuites, avant finalement d’être condamné en 1992 et de mourir en prison. Cette capacité à échapper à la justice lui avait même valu le surnom de «Don Teflon», le parrain en teflon, celui sur lequel les poursuites ne font que glisser… Le fils suit décidément les traces du père. A la Justice maintenant de trouver d’autres accusations et d’autres témoins pour tenter de le faire tomber.