Articles

AIX-EN-PROVENCE — Une mère et son fils ont été condamnés vendredi par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, respectivement à 15 et 10 ans de réclusion criminelle pour avoir mis le feu en mai 2006 à un appartement à Marseille, provoquant la mort de trois personnes.

L’incendie, déclenché volontairement dans l’appartement de Pascal Magnier au rez-de-chaussée d’un immeuble du 4e arrondissement, s’était propagé par la cage d’escalier jusqu’au troisième étage, où Hadidja Mhadjou, 28 ans, et ses deux fils de huit ans et un an avaient trouvé la mort.

« La justice a pris cette décision. Je ne sais pas si c’est la bonne », a commenté la soeur de la victime, Soifia Mhadjou, refusant de « juger ».

« Je n’ai pas de haine », a-t-elle poursuivi, essuyant des larmes d’émotion, regrettant: « Peu importe la peine, cela ne fera pas revenir mes proches ».

Le parquet avait requis 20 ans contre la mère, Michèle Alfort, et de 12 à 15 ans contre son fils Morgan Berino.

L’avocat de Mme Alfort, Pierre Ceccaldi, a estimé que les jurés avaient « entendu (sa) cliente et son repentir sincère ». « On a tenu compte de sa personnalité », a-t-il dit.

L’avocat du fils, Fabrice Giletta, a pour sa part qualifié le verdict d' »équilibré ». « Il tient compte du fait que les conséquences de l’incendie n’étaient pas voulues et que mon client agissait sous dépendance affective de la mère », a-t-il ajouté.

Les deux accusés, qui ont reconnu depuis le début du procès lundi avoir délibérément mis le feu au logis de M. Magnier, auquel ils reprochaient de « dévoyer » le compagnon de Mme Alfort, ont toujours affirmé avoir été surpris par la virulence du feu, attisé par la présence de supercarburant, selon les experts.

« Je n’ai jamais voulu la mort de cette femme et ses enfants », a répété Mme Alfort vendredi, avant que le jury se retire pour délibérer.

Morgan Berino, les traits tirés comme sa mère, a affirmé: « Toute ma vie je serai rongé par les remords ».

(AFP) –