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La justice redonne à Pierre Etaix les droits sur cinq de ses films

LE MONDE | 27.06.09 | 18h55  •  Mis à jour le 27.06.09 | 18h55

inq longs métrages du cinéaste Pierre Etaix, jusque-là invisibles du fait d’un imbroglio juridique, vont enfin pouvoir être réédités. La justice a cassé vendredi 26 juin le contrat qui liait Pierre Etaix, 80 ans, à la société Gavroche Productions, redonnant ainsi au cinéaste les droits sur ces films – des oeuvres burlesques cosignées avec Jean-Claude Carrière dans les années 1960.
Depuis 2004, année du début du contentieux avec Gavroche Productions, une pétition pour la ressortie des films de Pierre Etaix avait recueilli 56 000 signatures, dont celle de Woody Allen, Michel Gondry ou encore Bertrand Tavernier. La décision du tribunal étant exécutoire, les négatifs sont déjà partis aux Archives françaises du film pour des vérifications techniques, certains éléments, sonores en particulier, pouvant être atteints d’une altération de la pellicule.
Le Soupirant, Yoyo, Tant qu’on a la santé et Le grand amour et Le Pays de Cocagne devraient donc être bientôt restaurés. Pierre Etaix, homme de cirque et dessinateur qui fut aussi l’assistant-réalisateur de Jacques Tati pour Mon oncle, a remporté un Oscar en 1963 pour son court métrage Heureux anniversaire, cosigné avec Jean-Claude Carrière. – (AFP.)
Article paru dans l’édition du 28.06.09

TOUS AU CINEMA: "Tellement proches"


"Pétition : la cour des plaignants" : auprès de Chinois en attente d'une justice qui ne vient pas

SÉLECTION OFFICIELLE – HORS COMPÉTITION

LE MONDE

Sinophiles et cinéphiles sont habitués à voir arriver sur les écrans, depuis quelques années, des films qui révèlent l’envers du décor du nouveau rêve chinois. Les fictions de Jia Zhang-ke ou les documentaires de Wang Bing, les deux plus grands cinéastes de Chine continentale en activité, en témoignent. Pourtant, on n’a sans doute jamais été aussi loin que Zhao Liang dans la stigmatisation de l’injustice et de l’impéritie d’un système qui pousse au désespoir des franges entières du peuple chinois. Cinquième documentaire réalisé par ce remarquable réalisateur né en 1971, Pétition : la cour des plaignants embarque ses spectateurs dans un stupéfiant voyage immobile.

Le réalisateur chinois Zhao Liang sur le tournage de son documentaire, "Pétition : la cour des plaignants", présenté hors compétition au 62e Festival de Cannes.

D.R.

Le réalisateur chinois Zhao Liang sur le tournage de son documentaire, « Pétition : la cour des plaignants », présenté hors compétition au 62e Festival de Cannes.

Nous voilà donc parmi les pétitionnaires qui convergent de toute la Chine pour porter plainte en dernier recours devant le pouvoir central de Pékin contre les abus et dommages dont ils sont victimes de la part des gouvernements locaux. Rassemblé près du bureau destiné à recueillir leurs doléances (le Conseil des affaires d’Etat de la République populaire de Chine), ce petit peuple y est comme installé à demeure dans des abris de misère, dans une précarité et une promiscuité qui évoquent la cour des Miracles.

Car la particularité de l’administration censée leur venir en aide semble consister essentiellement à les faire attendre des mois, parfois des années. Pour ne rien gâcher, les gouvernements locaux envoient des « rabatteurs » chargés de repérer les plaignants et de les décourager par tous les moyens, à commencer par celui de la pure violence, de la rétention forcée en hôpital psychiatrique, parfois de l’assassinat. Tout cela suscite autant d’incrédulité que d’indignation. Zhao Liang le montre parfaitement. Il filme, sans équipe et au plus près de ces désespérés, depuis 1996. Il y a là des paysans expropriés de leur terre, des propriétaires dont la maison a été détruite sans compensation, des ouvriers licenciés.

Pour mieux incarner son propos, le réalisateur choisit de suivre quelques figures, telles cette mère et sa fille qui tentent depuis dix ans d’obtenir une réparation consécutive à la mort de leur mari et père au cours d’un examen médical. Ce document exceptionnel, d’une puissance proprement kafkaïenne, s’achève délibérément avec les préparatifs de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de 2008, venant a posteriori nourrir le débat sur la nécessité d’un boycott qui n’aura pas eu lieu. Quiconque verra ce film jugera du moins en connaissance de cause.

« Themis » : une radiographie de la justice expéditive en Grèce

Par Luc Verdier-Korbel | cinéaste | 18/05/2009 | 10H16

Chaque jour, Rue89 et l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (Acid) vous présentent un des films de la programmation de l’Acid à Cannes, le « off » du festival. Deux places sont à gagner chaque jour pour assister aux projections. (Voir au pied de l’article)



Nous restons stupéfaits lorsque nous découvrons de tels documents. Cet homme à la caméra nous donne à voir et à entendre, dans ce huis clos, une radiographie de ce qu’est aujourd’hui, en Grèce, une justice expéditive dans laquelle se débattent plaignants et coupables présumés.

Themis dessine des traces de vies qui se superposent les unes aux autres et s’inscrivent dans cette longue histoire de rendre justice. Parce qu’ils ont déjà été là, certains des personnages, que nous découvrons dans ce tribunal, semblent presque enjoués et malgré leur goût immodéré de la procédure ils perdent pied mais rien ne semble vraiment grave.

Cependant, ils doivent composer avec la rapidité avec laquelle chaque cas est traité par des professionnels inébranlables qui pressent le pas, tout en restant immobiles, derrière leurs feuilles de papier blanc qui leur servent de chambre de délibération. Nous restons alors sans voix devant les encoignures de l’âme humaine et les recoins de la vie civique du pays.

D’une certaine manière, le film est un petit précis de décomposition. Et nous nous demandons alors si ce mouvement est irréversible ? S’agit-il de la justice qui nous attend tous ?

Avec une économie de filmage élémentaire, sans effet de mise en scène, le cinéaste nous fait découvrir toute la rectitude séculaire de l’ordre qu’incarne la justice qui ne transige avec presque rien ni personne et son propre processus de déconstruction dont nous sommes désormais les observateurs. C’est tout le mérite de ce film de parvenir à faire cette distinction.

Themis Grèce 2008 – Réalisation et scénario : Marco Gastine.

Pour gagner 2×2 places pour les projections à 20 heures au cinéma Les Arcades du 14 au 22 mai 2009, téléphonez entre 10 heures et 13 heures au 04 93 99 68 42.

En partenariat avec :

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Un fils méconnu de Mesrine réclame sa part d'héritage

Serait-ce un nouveau feuilleton à rebondissements qui s’annonce? Dominique Mesrine, un fils méconnu de l’ex-ennemi public numéro un, Jacques Mesrine, est sorti de l’anonymat pour obtenir sa part des droits d’exploitation littéraire et cinématographique de la vie de son père. C’est ce qu’a annoncé hier son avocat Me Gilbert Collard. «Nous allons assigner au civil l’éditeur du livre de Mesrine ?L’instinct de mort?, le producteur de deux films récents sur l’histoire de sa vie, et les autres héritiers (les trois autres enfants de Mesrine)», a précisé l’avocat, confirmant une information du Parisien. Gisèle Lydie, la mère togolaise de ce sculpteur de 55 ans, avait épousé Jacques Mesrine, alors qu’elle était enceinte d’un autre homme. Jacques Mesrine, âgé de 18 ans, a reconnu l’enfant à sa naissance, selon l’avocat. «J’ai eu des contacts avec mon père alors qu’il était incarcéré à la Santé. On a également échangé deux, trois lettres. Je n’ai pris conscience de qui il était qu’à l’âge de 17 ans en lisant les journaux», a raconté Dominique Mesrine.