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[ 14/12/09  ]

Dix-neuf, puis trente-cinq, et maintenant soixante et un. La liste des tableaux accumulés secrètement par l’ancien patron du groupe italien agroalimentaire Parmalat, Calisto Tanzi, n’en finit pas de s’allonger. Après avoir fait de jolies découvertes dans les caves et les greniers de celui que le quotidien économique « Il Sole 24 Ore » surnomme désormais « Arsène Lupin », le parquet de Parme et la police financière de Bologne ont fouillé méticuleusement les domiciles de toute la famille en fin de semaine dernière, autour du village de Vigatto : la maison de l’épouse de Calisto, Anita Chiesi, celle de sa fille aînée, Francesca, celle de son gendre, Stefano Strini, mais également celle du marchand d’art Paolo dal Bosco, tous maintenant poursuivis pour recel et complicité.

Degas, Gauguin, Monet, Picasso, Van Gogh et maintenant Boccioni, Chagall, Kandinsky, Miro, Renoir, Segantini… C’est une vraie pinacothèque occulte qui est en train d’être mise au jour, alors que se déroule en ce moment, dans la capitale italienne du jambon cru, le procès sur la faillite de Parmalat. L’an dernier, Calisto Tanzi a déjà été condamné à dix ans de prison, en raison de ses responsabilités dans le trou de 14 milliards d’euros découvert dans les comptes de l’entreprise fin 2003. Un énorme scandale qui avait englouti les économies de 135.000 petits actionnaires et dont les effets se font encore sentir aujourd’hui (« Les Echos » du 18 novembre). Depuis six ans, des accords amiables avec les banques reconnues coupables de complicité avec Calisto Tanzi ont permis de faire revenir plusieurs milliards d’euros dans les caisses.

Mais il va falloir maintenant résoudre un nouveau casse-tête. D’où viennent toutes ces peintures ? Qui en est propriétaire ? Et surtout combien valent-elles ? Les experts s’arrachent les cheveux. Ce week-end, la fourchette oscillait entre 18,5 et 34,8 millions d’euros, selon un chiffrage provisoire du cabinet ArtNet Worth. Le chef-d’oeuvre majeur serait une nature morte de Van Gogh, évaluée entre 5 et 7 millions. Paolo dal Bosco, lui, soutient que plusieurs toiles sont des faux et que le total ne vaut pas plus de 5 millions. Tout en soulignant l’authenticité des acquisitions réalisées, dit-il, lors d’enchères publiques chez Christies et Sotheby’s. Le procès Parmalat va prendre une tournure intéressante !

GUILLAUME DELACROIX (À ROME), Les Echos


SOURCE

GB: un policier sikh dédommagé pour avoir dû enlever son turban
Un tribunal britannique a octroyé vendredi un dédommagement de 10.000 livres (10.900 euros) à un policier sikh qui avait poursuivi ses employeurs pour discrimination pour lui avoir demandé de retirer son turban lors d’un entraînement.

Gurmeal Singh, 31 ans, qui a été embauché par la police de Manchester en 2004, avait engagé des poursuites devant un tribunal du travail pour discrimination religieuse et raciale.

Il reprochait à ses employeurs de lui avoir demandé de retirer son turban lors d’un entraînement de police anti-émeutes pour mettre un casque, alors que sa religion lui interdit de retirer son turban ou de le modifier en public.

« Est-ce que vous pouvez retirer ce truc (…) puisque vous avez signé » pour entrer dans la police, lui avait demandé un responsable.

A l’issue de trois jours d’audience à Manchester (nord), le tribunal a accordé vendredi au policier sikh 3.500 livres pour discrimination indirecte et 6.500 livres pour harcèlement.

M. Singh avait affirmé avoir subi des attaques de panique, de stress et des palpitations qui l’avaient contraint à prendre un congé maladie à cause d’une dispute récurrente avec ses employeurs.

Le tribunal a rejeté 13 des 15 allégations du policier, mais a reconnu qu’il avait été la victime d’un cas de discrimination raciale indirecte et religieuse.

Lors des audiences, il est apparu que les règles concernant les turbans dans la police étaient peu claires.

Le policier en cause avait accepté à contrecoeur de retirer son turban pour un entraînement en 2006.

Mais quand il avait dit en 2008 à ses supérieurs qu’il ne souhaitait plus le retirer, on lui a alors indiqué que l’entraînement était obligatoire, puis qu’il était facultatif.

Le juge Murray Creed a souligné que « la police de la région de Manchester devrait changer ses règles concernant l’uniforme et l’équipement des policiers pour prendre en compte les besoins des policiers sikhs ».

Vendredi 02 Octobre 2009
AFP

La justice allemande a annoncé mercredi qu’elle ne poursuivrait pas le professeur d’art ayant exposé un nain de jardin faisant le salut hitlérien.

« Pas de poursuites possibles »
Ce nain de jardin fait indubitablement le salut hitlérien, un geste réprimé par la loi, reconnaît le parquet de Nuremberg (sud de l’Allemagne) dans un communiqué.

Mais il a rappelé que la jurisprudence avait admis l’utilisation des symboles nazis dans des expositions « dont le contenu est ostensiblement et sans équivoque une dénonciation (de cette) idéologie ».

Contre l’artiste, « qui vend ses créations comme des oeuvres d’art et veut ainsi tourner en dérision le national-socialisme, il n’y a pas de poursuites possibles ».

L’artiste surpris par l’enquête
Par ailleurs, dans l’ensemble de l’exposition qui accueillait ce nain, dont les Allemands adorent décorer leur jardin, « l’opposition à cette idéologie est très nettement explicite ».

Ottmar Hörl s’était déclaré « un peu surpris » par l’enquête ouverte par le Parquet contre sa création, expliquant dans la presse locale avoir reçu même plusieurs commandes de collectionneurs d’art juifs américains qui, eux, « avaient parfaitement compris l’ironie » de sa démarche.

Ironie évidente

« Les Nazis se voient quand même grands, blonds, avec une allure héroïque. Un nain de jardin ne présente aucune de ces caractéristiques », avait poursuivi M. Hörl, qui dirige l’Académie des arts plastiques de Nuremberg

Les saluts hitlériens, les croix gammées, ainsi que les autres signes distinctifs nazis sont interdits en Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale. (belga/th)

22/07/09 15h57