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AP | 11.03.2010 | 15:21

Une cour d’appel iranienne a confirmé la peine de six ans d’emprisonnement prononcée contre un professeur d’université ayant pris part aux troubles post-électoraux qui ont secoué l’Iran en juin dernier, ont rapporté jeudi les médias locaux.

Saïd Leilaz a été condamné à une peine d’emprisonnement de six ans, a confirmé son avocat Mahmoud Alizadeh Tabatabaei, cité par plusieurs journaux pro-réforme dont le quotidien « Bahar ». Il n’a pas mentionné la date du verdict.

M. Leilaz, professeur d’économie à l’université Shahid Beheshti, a été reconnu coupable d’outrage au Guide suprême iranien, de trouble à l’ordre public et de participation à une entreprise visant à perturber la sécurité publique, a précisé son avocat.

Le professeur Leilaz est connu pour sa critique virulente de la politique économique iranienne. Il a travaillé comme journaliste et analyste dans des journaux locaux.

L’annonce de sa condamnation intervient au lendemain de la libération d’un ancien responsable politique réformiste, Mostafa Tajzadeh, qu’avait annoncé le site réformiste Parlemannews. Ministre adjoint de l’Intérieur de 1997 à 2005, M. Tajzadeh avait été arrêté le 13 juin, au lendemain de la présidentielle contestée qui a abouti à la réélection de Mahmoud Ahmadinejad pour un second mandat de quatre ans.

MM. Leilaz et Tajzadeh ont fait partie de la centaine de personnalités qui ont été jugées en riposte aux manifestations qui avaient eu lieu dans le pays après le scrutin. AP

De THE ASSOCIATED PRESS (CP) – 

TEHERAN — La justice iranienne a pour la première fois reconnu samedi qu’au moins trois détenus incarcérés après l’élection présidentielle contestée de juin dernier sont morts sous les coups de leurs geôliers.

Ces prisonniers, selon un communiqué des autorités judiciaires, ont succombé des « traitements anormaux et des violences physiques ». Douze responsables de la prison de Kahrizak, dans les faubourgs sud de la capitale Téhéran, ont été inculpés dont trois pour meurtre, précise-t-on de même source.

Police et justice avaient jusqu’ici rejeté les accusations de l’opposition, qui affirmait que des détenus de cet établissement avaient été torturés et violés. Les autorités expliquaient que les prisonniers étaient morts de maladie comme la méningite.

Mais selon le communiqué cité par le site Internet de la télévision officielle, les services de médecine légale ont exclu « la méningite comme cause des décès et confirmé l’existence de traces de coups répétés sur les corps » et établi que « les blessures infligées étaient la cause des décès ».

D’après l’opposition iranienne, au moins 72 personnes ont été tuées dans les troubles qui ont suivi la présidentielle, alors que le gouvernement ne fait état que de 30 morts.

Des manifestations de protestation avaient éclaté en Iran après l’annonce de la réélection de l’ultra-radical Mahmoud Ahmadinejad, contestée par l’opposition.

AFP 23.10.09 | 22h02

Le général argentin à la retraite Jorge Olivera Rovere a été condamné vendredi à la prison à perpétuité pour des crimes contre l’humanité commis pendant la dictature argentine, dont les assassinats des parlementaires uruguayens Zelmar Michelini et Hector Gutierrez Ruiz.

La lecture du verdict du tribunal fédéral numéro 5 a été retransmise en direct par les chaînes de télévision d’informations du câble argentin.

Olivera Rovere, 82 ans, était accusé de quatre homicides et de 107 séquestrations et disparitions, dont celles de l’écrivain argentin Haroldo Conti et des Uruguayens Michelini et Gutierrez Ruiz, qui avaient eu un fort retentissement.

Le militaire était l’adjoint de l’ancien général décédé Guillermo Suarez Mason, un des chefs militaires de la dictature, surnommé « le boucher d’Olimpo » du nom du centre de détention et de torture qu’il dirigeait pendant la dictature (1976-1983).

Michelini, ancien sénateur et un des fondateurs de la coalition de gauche du Frente Amplio (Front élargi) et Gutierrez Ruiz, ancien président de la chambre des députés de l’Uruguay, avaient été enlevés le 18 mai 1976 dans la capitale argentine et leurs corps ont été retrouvés trois jours après à l’intérieur d’un véhicule dans la périphérie de Buenos-Aire.

AFP 20.10.09 | 14h30

La Cour européenne des droits de l’Homme a condamné la Turquie pour la suspension jugée abusive de quatre quotidiens pour propagande en faveur d’une « organisation terroriste », le PKK/Kongragel (Parti des travailleurs du Kurdistan).

A l’époque des faits, les requérants, 26 ressortissants turcs, étaient propriétaires, directeurs généraux, rédacteurs en chef, directeurs du service de l’information et journalistes du Ulkede Ozgur Gundem, du Gundem, du Guncel et du Gercek Demokras.

Entre novembre 2006 et octobre 2007, la parution de ces quatre journaux fut régulièrement suspendue pour des périodes allant de 15 jours à un mois par la cour d’assises d’Istanbul.

Celle-ci conclut que ces publications faisaient de la propagande en faveur du PKK/Kongragel et cautionnaient les crimes commis par cette organisation et d’autre part divulguaient l’identité de fonctionnaires engagés dans la lutte antiterroriste, faisant ainsi de ces personnes de cibles d’attaques terroristes.

De plus, certains des requérants firent l’objet de poursuites pénales pour les mêmes infractions que celles reprochées aux journaux. Ainsi, Ali Gurbuz, propriétaire du Ulkede Ozgur Gundem, fut condamné au versement d’une somme de 217.000 euros environ.

Les juges de Strasbourg ont rappelé que « l’information est un bien périssable et qu’en retarder la publication, même pour une brève période, risque fort de la priver de toute valeur et de tout intérêt ».

La Cour conclut, à l’unanimité, qu’en suspendant la parution de journaux dans leur intégralité, même pendant une courte période, les autorités ont apporté des limitations injustifiées au rôle indispensable de « chien de garde » que joue la presse dans une société démocratique, en violation de l’article 10 (liberté d’expression et d’information).

Elle a alloué aux requérants des sommes allant de 5.000 à 40.000 euros pour dommage matériel et une somme de 1.800 euros à chacun d’entre eux pour dommage moral.