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Le général Raymond Germanos, qui s’était fait connaître du public français pendant la première guerre du Golfe en 1990-1991, a été condamné à Paris à dix mois de prison avec sursis pour avoir téléchargé des milliers d’images pédopornographiques entre 2004 et 2008.

Le tribunal correctionnel n’a pas suivi le parquet qui demandait un an de prison avec sursis avec une obligation de soins psychiatriques et une « mise à l’épreuve », sorte de contrôle judiciaire, pour deux ans.

Jugé pour « détention d’images pédopornographiques », le général Germanos, âgé de 69 ans, a reconnu les faits devant le tribunal, assurant qu’il s’agissait d’une infraction purement intellectuelle et qu’il n’avait jamais eu de rapports sexuels avec des enfants.

Le général, qui n’est plus en activité, fut le chef de cabinet de plusieurs ministres de la Défense. Il s’était fait connaître pendant la première guerre du Golfe quand il dirigeait le service d’information et de relations publiques des armées (Sirpa) et informait les journalistes sur les hostilités.

L’affaire a été révélée en septembre 2006 pat Interpol qui a transmis à la justice française une liste d’internautes français ayant téléchargé des photographies pédophiles sur un site autrichien.

Lors d’une perquisition en 2008 au domicile du général, les enquêteurs avaient découvert deux clefs USB où étaient stockées 3.400 photos pornographiques mettant en scène des enfants âgés de six mois à 10 ans, et des récits pornographiques écrits mettant aussi en scène des enfants.

Thierry Lévêque, édité par Gérard Bon

LEMONDE.FR avec AFP | 19.11.09 | 18h56  •  Mis à jour le 19.11.09 | 18h56

Un juge fédéral américain a rendu une décision pointant la responsabilité des ingénieurs de l »armée de terre dans les ruptures de digues ayant entraîné les inondations meurtrières de La Nouvelle-Orléans (Louisiane, sud) après l »ouragan Katrina.

« L »indifférence du corps [des ingénieurs] et son incapacité à remplir ses missions ont eu pour conséquences des pertes en vies humaines et en biens matériels catastrophiques et dans des proportions sans précédent », écrit le juge Stanwood Duval dans ce document de 189 pages rendu public mercredi 19 novembre. « De plus, non seulement le corps savait, mais il avait reconnu en 1988 que le canal MRGO [Mississippi Gulf-River Outlet] menaçait des vies humaines […] et pourtant il n »a pas agi à temps pour empêcher le désastre mobile casino qui a suivi la survenue de l »ouragan Katrina », écrit-il.

Le juge précise que la protection que leur statut offre aux ingénieurs de l »armée de terre ne s »applique pas à leur responsabilité concernant les voies navigables. Selon le journal local New Orleans Times Picayune, la somme de 720 000 dollars attribuée à trois propriétaires lésés et à une entreprise va désormais entraîner quelque 100 000 nouvelles plaintes devant la justice, ce qui pourrait coûter des milliards de dollars au gouvernement. Le gouvernement devrait faire appel de la décision du juge Duval.

L »ouragan Katrina avait touché terre à La Nouvelle-Orléans le 29 août 2005 et détruit les fragiles digues entourant la ville. La montée des eaux et les vents violents avaient ravagé des quartiers entiers, faisant près de 1 500 morts.

Une militaire transgenre a été déboutée par la justice de sa requête de changement de nom, a-t-on appris mardi auprès de son avocat. Reconnue femme par son employeur, l’armée de l’air, celle-ci se fait prénommer Delphine mais l’état-civil retient toujours son prénom de naissance, Thierry, d’où sa démarche devant le tribunal. Les magistrats de la chambre civile du tribunal de grande instance de Nancy n’y ont pas donné suite en estimant que Delphine Ravisé-Giard n’avait pas justifié de « l’irréversibilité de sa transformation homme-femme » dans la mesure où elle conserve « des organes génitaux reproducteurs masculins.« 

30.07.2009

La crise entre le gouvernement et le Conseil supérieur des juges et des procureurs (HSYK) est chaque jour un peu plus profonde, après que ce dernier a essayé d’organiser des nominations de magistrats interprétées comme un moyen de dessaisir les juges et les procureurs du procès Ergenekon. Ce procès défraie la chronique en Turquie car les accusés sont des militaires de haut rang – dont des généraux – qui sont jugés pour la planification de plusieurs opérations contre le gouvernement devant aboutir à la prise du pouvoir par la force.

Le Conseil a été fortement critiqué pour son action, perçue comme une intervention en faveur des prévenus et donc comme une ingérence dans une affaire hautement sensible. L’instance a démenti ces accusations et affirmé respecter la justice. Ce qui n’est pas l’avis de son principal détracteur, le ministère de la Justice, qui n’a pas tardé à répondre, sur un ton extrêmement brusque pour un communiqué officiel, estime le quotidien Taraf, qui cite : « Le Conseil a commis un abus de pouvoir et est intervenu dans les affaires de la justice. Ce n’est pas acceptable. » Le débat continue et la presse turque consacre régulièrement ses unes au procès Ergenekon, qui est la grande affaire de l’année dans le pays.


Quand l'opposition au nucléaire mène devant le tribunal militaireQuand l’opposition au nucléaire mène devant le tribunal militaire
Quand l’opposition au nucléaire mène devant le tribunal militaire. L’affaire Greenpeace et la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire.

Vendredi 10 avril à 14h comparaissent devant un tribunal militaire à Bourges 12 militants de Greenpeace. Le 27 mars 2007, ils avaient pénétré sur la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire et escaladé l’une des deux tours de refroidissement pour y peindre le slogan « EPR=Danger ». En pleine campagne présidentielle, cette action avait pour but d’interpeller l’opinion publique et les candidats sur l’EPR, le réacteur nucléaire le plus dangereux et l’un des plus coûteux du monde.

Une semaine après l’explosion du scandale d’espionnage de Greenpeace impliquant EDF, ce passage devant un tribunal militaire est un signe de plus de la volonté des autorités d’étouffer le débat sur la place du nucléaire en France.

« Parce que nous essayons de provoquer le débat, de jouer notre rôle de lanceur d’alerte, nous sommes espionnés ou amenés devant un tribunal militaire, s’indigne Frédéric Marillier, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace. C’est inadmissible ! Le procureur nous reproche d’avoir porté atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation : la peine de prison encourue par les 12 militants est très lourde et totalement disproportionnée : ils n’ont fait qu’essayer d’entrouvrir la porte blindée du débat démocratique sur la place du nucléaire en France… Les intérêts de la nation ne sont pas ceux d’EDF et d’Areva ! »

Quand l'opposition au nucléaire mène devant le tribunal militaire Quand l’opposition au nucléaire mène devant le tribunal militaire. L’affaire Greenpeace et lacentrale nucléaire de Belleville-sur-Loire.

« La pénétration dans un site intéressant la défense nationale reprochée aux militants de Greenpeace est un délit politique, rappelle Maître Alexandre Faro, avocat de Greenpeace. La Cour d’appel de Bourges a déjà annulé un premier jugement du tribunal correctionnel qui avait condamné en juillet 2007 les militants à une peine de 3 mois de prison avec sursis car les poursuites avaient été mal engagées. Cette affaire revient aujourd’hui alors qu’EDF n’a toujours pas fait connaître le montant des dommages et intérêts qu’elle réclame et qui risquent d’être exorbitants ! »

Souvenons nous qu’au printemps 2007, en pleine période électorale, la plupart des candidats (Royal, Bayrou, Voynet, Bové, Besancenot…) s’étaient déclarés opposés à la signature dans la précipitation du décret autorisant la construction d’un réacteur EPR à Flamanville. Tous ces candidats appelaient par ailleurs de leur vœu un véritable débat démocratique sur une décision engageant l’avenir de la France et du monde. Or, onze jours avant le premier tour des élections, le 11 avril 2007, le gouvernement Villepin avait signé le décret en catimini. La messe était dite. Nucléaire et transparence démocratique semblent décidemment antinomiques.

Deux ans plus tard, le chantier de Flamanville s’avère, tout comme son grand frère finlandais, un véritable fiasco : budget explosé de 20%, retards considérables. La vérité saute aujourd’hui plus que jamais aux yeux. L’EPR est inutile d’un point de vue énergétique, puisque la France exporte déjà de l’électricité, il est très coûteux, il est très peu créateur d’emploi et il est très dangereux. Enfin, le recours au nucléaire étouffe la mise en œuvre de toute vraie solution face aux changements climatiques. Sans la moindre concertation, ni la moindre expertise économique, Nicolas Sarkozy vient pourtant d’annoncer le lancement d’un 2e EPR sur le site de Penly (Seine-Maritime).

« En France, toute puissance nucléaire qui cherche à exporter son savoir-faire partout dans le monde, on risque gros à dire la vérité ! » conclue Frédéric Marillier. Pourtant, la crise climatique est là…. Tout comme la crise économique est là. Face à ces deux urgences, il faut le dire et le répéter : le recours au nucléaire n’est pas une solution ! »