« Notre volonté n’était pas d’entraver quoique ce soit », a déclaré Gérard Jodar devant le tribunal © RFO Les syndicalistes doivent répondre d’entrave à la circulation d’un aéronef et de dégradation volontaire. Certains risquent jusqu’à cinq ans de prison.
Pro et anti USTKE manifestent
Un impressionnant dispositif de sécurité a été déployé autour du palais de justice, aux abords duquel toute manifestation a été interdite par arrêté du haut-commissaire.
Plusieurs centaines de partisans de l’USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités, indépendantiste) se sont cependant regroupés sur une place en contrebas. Un rassemblement d’opposants aux actions du syndicat était organisé à un autre point de la ville, réclamant des sanctions à l’égard des syndicalistes.
L’avocat de l’USTKE, Laurent Aguila, a réclamé l’annulation de la procédure contre les vingt-huit militants, faisant notamment valoir les conditions de détention « indignes et en infraction avec la convention européenne des droits de l’homme », de six de ses clients dont M.Jodar, qui ont effectué 48 heures de garde à vue.
Ces arguments ont été rejetés par le tribunal.
« Un enchainement de circonstances »
Le 28 mai, plusieurs centaines de ses militants avaient pris d’assaut l’aérodrome domestique de Magenta et certains étaient montés à bord de deux appareils de la compagnie Aircal, qui ont été endommagés. Des échauffourées avaient opposé forces de l’ordre et manifestants, les grenades lacrymogènes répondant aux jets de pierre, voire de cocktails Molotov.
Face à l’accusation, les militants ont assuré avoir voulu mener une manifestation pacifique et n’avoir pénétré dans l’avion uniquement pour trouver refuge face aux forces de l’ordre. Ils ont également assuré ne pas avoir été témoin d’éventuelles dégradations. Le président de l’USTKE Gérard Jodar, qui était le premier à être entendu a déclaré en guise de conclusion « Notre volonté n’était pas d’entraver quoique ce soit, c’était un enchainement de circonstances », rapporte RFO Nouvelle Calédonie.
Le licenciement jugé abusif par l’USTKE d’une employée de la compagnie Aircal est à l’origine du conflit. Un accord a depuis été trouvé mais la direction de la compagnie refuse de le signer.